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La SNCF prévoit de faire rouler ses trains autonomes d’ici 2023

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Conférence de Presse de la SNCF sur le Train Autonome, mercredi 12 Septembre. © TOM

Ce mercredi, la SNCF a annoncé, en présence de ses partenaires, vouloir faire rouler des trains autonomes d’ici 2023. Le groupe ferroviaire en a profité pour détailler sa stratégie de développement du projet et aborder les défis de la mobilité autonome.

Avec l’appui de deux consortiums de partenaires experts, l’un travaillant sur le train autonome de Fret et l’autre sur le train autonome pour les voyageurs, la SNCF compte faire bouger les lignes du secteur Ferroviaire. Grâce à son projet de développement du train autonome (sans chauffeur), la société souhaite booster la compétitivité du Rail face aux autres modes de transports. Pour ce faire, elle s’inspire directement des initiatives de mobilité autonome déjà entreprises dans les secteurs de l’Aéronautique et de l’Automobile en faisant appel aux sociétés les plus pertinentes sur le sujet.

Naissance d’un train « plus »

« Le futur, ce n’est pas dans 20 ou 30 ans. Le futur, c’est demain », a lancé Carole Desnost, Directrice de l’innovation et de la recherche chez SNCF. La société ferroviaire et ses partenaires semblaient, ce matin, plus que déterminés à développer le train autonome. L’automatisation des trains de la SNCF se fera tout de même progressivement, le groupe privilégiant un développement fiable plutôt que rapide. Pour Carole Desnost, l’idée derrière ce projet est de faire du train un « train plus ». Un train  « plus » en termes de capacité, de régulation du trafic, d’économies d’énergie, de performance économique, mais aussi en termes de sécurité.

« Le train autonome est une bonne réponse à la saturation des lignes », a affirmé Gilles Pascault, Président d’Ansaldo STS. Quelques exemples ont été apportés pour illustrer les bénéfices générés par l’automatisation du Rail. Par exemple, l’automatisation partielle du RER A entre la Défense et Vincennes, ayant permis de réduire le temps de parcours de plus de 2 minutes, a augmenté sa capacité de transport des voyageurs, a expliqué Jean-Baptiste Eyméoud, Vice-Président Senior France d’Alstom. En Espagne, l’automatisation des systèmes de freinage sur des trains ont permis de générer jusqu’à 20 % d’économies d’énergie. Enfin, la SNCF compte exploiter les infrastructures existantes et les systématiser pour adapter leur usage à l’automatisation des trains, permettant de faire d’importantes économies d’investissements…

Une hybridation de technologies nouvelles et existantes

Les trains autonomes de la SNCF seront par ailleurs dotés des technologies de pointes que l’on retrouve déjà à bord des prototypes de véhicules sans chauffeurs présentés jusqu’à ce jour. Capteurs, caméras, calculateurs, logiciels de cartographies, etc. Le projet de la SNCF bénéficiera en particulier du savoir-faire de Bosch en matière de systèmes anti-collisions, du système de détection développé par Altran ou encore de l’expertise en géolocalisation satellitaire de Thales pour la position des trains.

En clair, tous les éléments seront là pour assurer l’automatisation du Rail de manière rassurante, mais aussi inclusive pour l’humain. « L’idée du train autonome, c’est de remplacer les capacités sensorielles, les yeux et oreilles des humains, mais aussi leurs capacités intellectuelles, leur capacité à détecter les problèmes et trouver des solutions », a expliqué Jérôme Hoibian, Co-Fondateur de SpirOps, entreprise spécialisée dans le développement de l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, le développement du train autonome se fera en pleine conscience des enjeux de cybersécurité. En effet, ce type de train sera bien plus exposé aux cybermenaces que les trains classiques, du fait de leurs systèmes plus informatisés et connectés, a prévenu Christian Forestier, Président de la filiale d’Airbus Apsys. Spécialisée dans la cyberprotection des systèmes technologiques complexes, Apsys va accompagner la SNCF sur le projet en garantissant une protection durable et la plus fiable possible.

Une transformation des métiers

Dans le cadre du développement des trains automatisés, la question du rapport entre l’Humain et la machine se pose inévitablement. Mais Carole Desnost rassure : « Cette transformation ne se fait ni au détriment de l’emploi, ni au détriment des voyageurs ». Le Directeur du Directeur du projet Train Automatique de la SNCF Luc Laroche a lui aussi souligné l’importance que représente la transformation des métiers du Ferroviaire pour l’ensemble des acteurs du projet. « L’analyse des évolutions des métiers fait partie intégrante de nos travaux ». Luc Laroche anticipe d’ailleurs l’apparition de télé-conducteurs ou de télé-dépanneurs ainsi que l’élargissement des compétences de métiers déjà existants. Le personnel de maintenance, par exemple, bénéficiera de plans de formations pour les aider à maîtriser les nouveaux systèmes technologiques et à savoir identifier les failles éventuelles.

Avant tout, la SNCF et ses consortiums de partenaires misent sur un développement agile et ouvert pour mieux appréhender les évolutions rapides de la mobilité autonome et de ses systèmes technologiques. Avec cette approche, le groupe ferroviaire prévoit de faire rouler des trains autonomes d’ici 2023. Sur la ligne Paris-Lyon, le projet de la SNCF pourrait permettre de passer de 13 à 16 TGV par heure, selon Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau.

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Photo d’ouverture : © TOM

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