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Univ’AirPlus : la blockchain fluidifiera-t-elle le passage à l’aéroport ?

Lors de la 13e édition d’Univ’AirPlus consacrée à l’exploration de la blockchain, Sébastien Fabre, Vice-président des solutions aéroports pour SITA a présenté une idée selon laquelle la chaîne de blocs pourrait enfin permettre d’instaurer l’identité digitale des voyageurs à l’échelle mondiale.

Et si la blockchain permettait de fluidifier le passage à l’aéroport des voyageurs d’affaires ? C’est la conviction qui a poussé le responsable des solutions aéroports de SITA à monter sur la scène des universités d’été d’AirPlus. « 4 milliards de passagers ont transité par des aéroports en 2018, ce chiffre pourrait atteindre 16 milliards en 2036 », a indiqué Sébastien Fabre, soulignant la nécessité de réimaginer le passage des voyageurs à l’aéroport dans une logique de fluidification. Les aéroports travaillent déjà sur des systèmes de contrôle automatisé exploitant les données biométriques, par exemple la reconnaissance faciale. Des initiatives qu’il convient de généraliser. « Nous avons mené une étude révélant que les passagers se sentent moins stressés lorsqu’ils sont confrontés à un point de contrôle automatique plutôt qu’à un humain », a affirmé le responsable aéroports de SITA.

92 % des voyageurs prêts à partager leurs données biométriques

D’après la même étude SITA, 92 % des voyageurs interrogés se disent prêts à partager leurs données biométriques avec les acteurs de l’aérien, si cela leur permet de bénéficier de points de contrôle plus rapide. « Mais il y a encore des efforts à faire, quand on sait que seulement 29 % des aéroports et 25 % des compagnies aériennes prévoient d’instaurer de tels dispositifs en 2020 », a présenté Sébastien Fabre. Malgré un taux de réussite de 98 % des dispositifs de reconnaissance faciale, le responsable aéroports de SITA explique qu’il existe des freins à la démocratisation de ces technologies. Des problématiques que la chaîne de blocs pourrait régler.

Identité digitale du voyageur : blockchain, la solution ?

« La question de la définition de l’identité digitale n’est pas un débat nouveau dans l’industrie. Plusieurs entités y réfléchissent, notamment IATA avec One ID », a précisé Sébastien Fabre. Mais la tâche n’est pas aisée. Pour le collaborateur de SITA la coopération entre les acteurs, ou plutôt leur manque de collaboration nuit à l’adoption. « La réservation d’un vol international réunit une vingtaine d’acteurs de l’aérien, et encore plus, lors d’un long cours qui transitent par trois états impliquant des organisations gouvernementales », a-t-il expliqué. Un nombre important qui amplifie les problèmes de gouvernance. « La blockchain pourrait permettre de créer un réseau de confiance entre ces acteurs », a imaginé Sébastien Fabre. En ayant recours à la chaîne de blocs, les acteurs de l’aérien pourraient y inscrire l’identité digitale du voyageur et la lier au droit à voler de ces derniers. Un dispositif associant les données biométriques du voyageur d’affaires à son ou ses visa(s) valable(s) de manière sécurisée et transparente. Les données biométriques sont protégées grâce au protocole cryptographique inhérent à la blockchain. « Avec un tel dispositif le voyageur d’affaires prendra une photo de son visage avec son mobile lors de la réservation d’un vol et pourra se rendre jusqu’à son avion sans s’arrêter à aucun moment dans l’aéroport tout en étant contrôlé », s’est projeté Sebastien Fabre qui imagine qu’un système du genre pourrait être mis en place d’ici 5 à 10 ans. Les équipes de SITA travaillent actuellement sur un projet visant à encourager cette évolution.

Photo d’ouverture : © Murucutu

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1 Comment

  1. anne-catherine.aye@telecom-paristech.fr'
    10 septembre 2018 at 13 h 45 min — Répondre

    merci Hugo Pellegrin pour cet article intéressant.
    Peut-on faire confiance en la blockchain ? Pour comprendre cette technologie de confiance et les interrogations qui subsistent, voir l’article de Maryline Laurent, professeur en sciences de l’informatique à Télécom SudParis, co-fondatrice de la Chaire Valeurs et Politique des Informations Personnelles : https://www.linkedin.com/in/cvpip/

    A l’heure de la question sur la définition de l’identité digitale, je vous conseille la la lecture de « Identités numériques » (CVPIP. 2016)

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