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Univ’Airplus : quels facteurs nuisent à l’adoption de la blockchain ?

Lors de la 13e édition d’Univ’Airplus, Antoine Yeretzian, cofondateur de Blockchain Partner a dressé un état des lieux du potentiel de la blockchain, en opposant ses avantages et ses inconvénients pour le Voyage d’Affaires.

Comment les acteurs du Voyage d’Affaires peuvent-ils exploiter la blockchain ? Pour Antoine Yeretzian, l’un des cofondateurs de Blockchain Partner, cette technologie a été développée pour permettre le paiement de pair à pair. En toute logique, il imagine donc le paiement par cryptomonnaies comme usage principal pour le segment. « Mais pour être franc aujourd’hui personne ne paie en cryptomonnaie, a-t-il affirmé devant l’auditoire avant de préciser qu’Expedia avait tenté l’expérience à un moment donné mais a rapidement fait marche arrière ». Pour cause, l’importante volatilité du cours des cryptomonnaies, comme le Bitcoin (BTC), ne permettait pas à la société d’utiliser cette méthode de paiement. « Imaginez que vous encaissez une réservation d’un montant en Bitcoin équivalent à 100 € à l’instant T, qui l’heure suivante, n’équivaut plus qu’à 50 € », a justifié Antoine Yeretzian.

Accélérer les transactions en réduisant les frais

Pour justifier son exploitation en tant que moyen de paiement, le conférencier a comparé un paiement par Ether (la cryptodevise utilisée par la blockchain Ethereum) à une transaction effectuée via Western Union. « Personne n’utilise la blockchain pour faire des transactions à l’international, pourtant vous allez voir que cet usage présente plusieurs avantages », a averti Antoine Yeretzian. Dans sa simulation, le cofondateur de Blockchain Partner souhaite envoyer la somme de 5 000 $ à un ami au Japon. En passant par Western Union, le paiement s’effectuera sous 3 jours de délai et comprendra 5,4 % de frais de transactions, soit 270 $. « Avec Ether votre paiement s’effectue dans un délai allant de 15 secondes à 1 minute et vous coûte 0,1 $ de frais de transactions », a comparé Antoine Yeretzian. Par essence, la blockchain est une infrastructure de paiement exploitable à l’échelle mondiale conçue pour réduire les frais transactionnels.

Volatilité, empreinte écologique et grand banditisme

Malgré un intérêt bien réel, de nombreuses critiques freinent l’adoption de la blockchain. Parmi elles, la volatilité des cours, qui a notamment poussé Expedia a cessé d’exploiter la blockchain comme méthode de paiement. Deuxième point et non des moindres : l’importante consommation énergétique de cette technologie. Une critique écologiste régulièrement employée par les détracteurs de la chaîne de blocs. La troisième réside dans le fait que cette technologie encore mal connue du grand public est souvent associée au grand banditisme et au blanchiment d’argent. « Je tiens à rappeler qu’Al Capone est tombé pour fraude fiscale lorsque la police a mis la main sur son livre de comptes. Mais la blockchain est un livre de comptes ouvert à tous », a plaisanté Antoine Yeretzian, pour qui cette critique est totalement infondée. Par son caractère immuable et transparent, la blockchain n’est pas un dispositif approprié pour de telles applications.

« Personne n’a réussi à remettre en cause les performances de la blockchain »

Malgré ces critiques, Antoine Yeretzian a invité l’auditoire à se projeter au-delà des limites qu’il a émises vis-à-vis de la chaîne de blocs. Sur un ton bon enfant, il s’est amusé à comparé la perception de la blockchain a celle d’Internet il y a vingt ans, à l’aide d’une image d’archives du JT de France 2 de 1995 présenté par Daniel Bilalian.

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Le conférencier s’est appuyé sur un sujet consacré à l’arrivée d’Internet dans le JT de France 2 présenté par Daniel Bilalian en 1995 © @AurélieKrau

Après ce trait d’humour, le conférencier a tenté de défaire les critiques faites à la blockchain. « Nous sommes par nature réfractaires au changement », a souligné Antoine Yeretzian. Pour lui, la problématique de la volatilité des cours de cryptommonnaies n’existera plus d’ici quelques années. « La banque centrale du Japon prévoit d’instaurer le cryptoyen en 2020 », a-t-il lancé. Mais le pays du soleil levant n’est pas le seul. La plupart des instituts bancaires travaillent actuellement sur la création de chaînes de blocs exploitant des cryptomonnaies indexées sur les valeurs du dollar et de l’euro, mettant fin au problème de volatilité. Même constat lorsqu’il s’agit d’évoquer l’empreinte écologique du dispositif. « Il existe déjà des expérimentations pour trouver des systèmes moins énergivores. Mais j’attire votre attention sur un point : quel impact sur l’environnement laissez-vous lorsque vous envoyez un mail ? », a-t-il lancé. En 2014, l’envoi de 1 Mo par mail équivalait à 15 grammes de CO2 d’après l’ADEME. Quant aux soupçons de blanchiment d’argent, le conférencier avait déjà démantelé cette théorie, rappelant que la blockchain était un registre public qui conserve toutes les transactions qui y sont effectuées. « Si vous regardez bien, jusqu’ici personne n’a réussi à remettre en cause les performances de la blockchain. Je pense que toutes ces critiques sont des prétextes », a prévenu Antoine Yeretzian qui encourage les acteurs du voyage d’affaires à se projeter au-delà des critiques pour identifier des applications pertinentes pour leur marché.

Photo d’ouverture : © @Fabien_Soulet

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