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Sabre décrypte la Blockchain et ses usages dans le Travel

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Dans son rapport « 2018 Emerging Technology in Travel », Sabre consacre une partie au décryptage de la Blockchain pour aider les décideurs du secteur à saisir le potentiel de cette technologie pour leur industrie.

Dans son rapport « Labs’ 2017 Radar », Sabre comparait la Blockchain « à un registre public optimal, car immuable », ouvrant la voie « aux échanges directs de valeur entre deux entités sans nécessiter un tiers de confiance ». Concise et précise, cette définition s’intègre parfaitement au sein d’un dictionnaire, mais ne permettait pas de mettre en lumière le potentiel et les cas d’applications concrets de cette technologie. Le GDS change donc d’approche dans son rapport « 2018 Emerging Technology in Travel » afin d’éclairer la lanterne des décideurs du Tourisme quant aux usages potentiels de la chaîne de blocs.

Rareté : impossible de dupliquer un élément dans la blockchain

L’un des éléments contribuant à la valeur ajoutée de la chaîne de blocs est sa capacité à apporter un principe de rareté dans l’univers digital. Quelque chose d’innovant dans un univers où tout élément — photo, vidéo, texte, etc. — peut être dupliqué via un simple copier-coller. Pour expliquer cette évolution, le rapport du GDS émet une comparaison avec un élément du monde physique, connu du grand public : les Jeux olympiques. Lors de la cérémonie de remise des prix, le présentateur sportif tient la médaille d’or et la remet dans les mains du gagnant de l’épreuve. À ce moment-là, aucune copie de la médaille n’est possible, on assiste simplement à un changement de propriétaire de cette médaille unique.

Surveillance partagée : des millions de témoins pour chaque transaction

« On », ce sont les membres du public, les journalistes, les caméramans et les millions de téléspectateurs qui assistent en direct à la cérémonie. Ainsi, même s’il y a un seul vainqueur de l’épreuve de Slalom au JO d’hiver chaque année (principe de rareté), des millions de personnes jouent le rôle de témoins de cette passation de médaille (surveillance partagée). Dans la chaîne de blocs, chaque échange de données — une cryptomonnaie, une photo, une information biométrique, un billet d’avion, une chambre d’hôtel, etc. — est l’équivalent de cette passation de médaille. Et à la place des téléspectateurs, des millions d’ordinateurs se chargent d’attester de chaque transaction effectuée en enregistrant chacun une copie dans la chaîne de blocs. Impossible alors de copier-coller un élément dans la Blockchain contrairement au reste du monde digital.

Permanence : chaque échange de données est immuable

Vient ensuite le principe de permanence des transactions effectuées dans la Blockchain. Comme expliqué plus haut, à chaque transfert de valeur, une attestation permanente est enregistrée. La blockchain fonctionne ainsi comme un registre ouvert à des millions d’ordinateurs qui conservent chacun une trace de chaque transaction dans leur mémoire en permanence. Annuler une transaction devient donc pratiquement impossible, car cela impliquerait de pouvoir accéder aux millions de copies enregistrées sur les millions d’ordinateurs répartis à travers le monde. Si un individu effectue une erreur de paiement sur la blockchain, c’est au destinataire du paiement d’effectuer une nouvelle transaction pour rembourser la différence. En d’autres termes, la notion de permanence est l’équivalent du principe d’immuabilité. Le rapport de Sabre souligne ainsi que la combinaison de ces trois éléments est à l’origine de l’aspect révolutionnaire de la Blockchain. Elle est à l’origine un registre digital et public inviolable, dans lequel entreprises et particuliers peuvent échanger de la valeur et des données en toute confiance sans passer par un tiers.

Biométrie et Blockchain : vers la fin des passeports physiques ?

Le rapport émet ainsi une série de cas d’usage de la Blockchain dans le Travel. Par exemple, utiliser la chaîne de blocs pour enregistrer des données biométriques — voix, empreinte digitale, motif de l’iris, démarche, données faciales, etc. — d’une personne de manière cryptée pour en limiter leur accès. Mettre en place un tel dispositif constituerait une révolution. Lorsqu’un voyageur se rend à l’aéroport, on peut imaginer qu’un simple scan de son empreinte digitale suffise à réaliser le contrôle de sécurité et l’enregistrement. L’expérience de voyage serait profondément optimisée, mais c’est l’ensemble de la société qui connaîtrait une évolution considérable. Plus besoin alors de passeport, de permis de conduire et d’autres formes d’identification.

Encore faut-il qu’un tel dispositif montre un niveau de sécurité total, de sorte à être adopté par l’ensemble des citoyens. Un véritable challenge explique Sabre, à l’heure où la question de la protection des données personnelles fait débat à l’échelle mondiale. Pour le GDS, un moyen d’y parvenir serait d’utiliser la Blockchain simplement comme un outil de comparaison. Les données biométriques de chaque personne resteraient enregistrées et cryptées uniquement dans la Blockchain. Lors d’un contrôle à l’aéroport par exemple, la douane n’accéderait pas à ces données. À la place, la chaîne de blocs comparerait les empreintes digitales scannées à l’aéroport aux données de son registre. Elle validerait le contrôle lorsque les données coïncident et le refuserait à l’inverse. Sabre précise qu’il existerait d’autres moyens de faire en sorte qu’un tel dispositif soit accepté et adopté par l’ensemble des consommateurs. Une autre application intéressante de la chaîne de blocs dans l’aérien est associée aux assurances paramétriques. L’exploitation des contrats intelligents, l’une des propriétés de la Blockchain Ethereum, permet d’automatiser les processus de remboursement des assurances de vols.

Blockchain publique, privée ou mixte ?

Ethereum, Hyperledger, Litecoin, etc. Bien que le Bitcoin ait rendu la technologie célèbre, il existe cependant différentes plateformes Blockchain. Aussi on distingue désormais une chaîne de blocs privée des Blockchains publiques comme Ethereum ou Hyperledger, par exemple. Le choix entre le type de chaîne de blocs constitue un challenge additionnel pour les professionnels. Dans son rapport, Sabre indique que la construction d’une Blockchain privée par une même entité serait une menace pour l’immuabilité du dispositif. Le GDS explique cependant qu’elle serait utile dans certains cas, pour réaliser par exemple des audits internes ou un suivi d’inventaire. En définitive, le rapport de Sabre suggère que la construction d’un modèle de chaîne de blocs avec permission (ou Blockchain mixte) permettrait de résoudre à la fois les contraintes que posent chaînes de blocs publique et privée. Une approche plus flexible qui faciliterait les mises à jour et l’adaptation avec le temps. Sabre insiste sur le fait qu’après l’engouement qu’a connu la Blockchain en 2017, la technologie va être de plus en plus régulée, à mesure que la législation évoluera. Le GDS conseille ainsi aux décideurs du Travel de surveiller de près toute l’actualité du secteur et de nommer un référent Blockchain en interne afin qu’ils saisissent le potentiel de chaque chaîne de blocs et des applications possibles pour son business. Mener des expérimentations en se greffant à des projets sur des Blockchains publiques soutenues par d’importantes communautés – Ethereum et Hyperledger notamment – est fortement conseillé par les équipes de Sabre Labs.

Consulter l’intégralité du rapport ici.

Photo d’ouverture : © BT IMAGE

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