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Les entreprises peuvent développer leur propre assistant vocal avec Watson Assistant d’IBM

IBM a profité de l’ouverture de sa conférence THINK ce mardi à Las Vegas, pour présenter Watson Assistant, sa plateforme permettant aux entreprises de développer leur propre assistant vocal sur la base de l’IA Watson. 

À l’occasion de la conférence annuelle THINK organisée par IBM, Big Blue a présenté Watson Assistant, anciennement Watson Conversation, une plateforme ouvrant l’accès à l’intelligence artificielle et à l’assistant vocal d’IBM aux entreprises pour être intégrée en marque blanche dans une multitude de supports : mobiles, plateforme de messagerie, voitures, objets connectés, etc. Le portail réunit ainsi toute une série d’outils qui permettront aux développeurs de créer leur propre assistant vocal intelligent reposant sur la technologie d’IBM, qu’importe leur secteur d’activités. Mais Big Blue cible en premier lieu le Voyage et l’Automobile. L’aéroport de Munich est ainsi un des premiers utilisateurs de la solution, qu’il exploite pour entraîner ses robots Pepper, chargés de guider les voyageurs dans son enceinte.

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Le robot Josie Pepper équipé de Watson Assistant pour guider les voyageurs dans l’aéroport de Munich © Aéroport de Munich

L’enjeu pour l’aéroport est double. Il doit d’une part exploiter et agréger ses données utilisateurs pour entraîner son assistant vocal, tout en réfléchissant à la manière de retranscrire l’identité de sa marque au travers de la voix. « OK Google » ou encore « Alexa » sont les mots-clés pour activer les assistants vocaux de Google et d’Amazon. Watson Assistant étant ici exploité en marque blanche, c’est aux entreprises d’imaginer la manière d’interagir avec lui. Des réflexions sur le ton, le rythme, la diction ou plus simplement sur la manière de s’exprimer de l’assistant sont également à mener. L’ambition d’IBM est de permettre aux entreprises de développer un assistant vocal à l’image de leur marque. Le fabricant de solutions audio Harman exploite aussi Watson Assistant pour développer un assistant vocal pour le concept-car GranCabrio signé Maserati.

Contrer le monopôle sur les données des GAFA ?

Dans une interview accordée à The Verge, Bret Greenstein, Vice Président d’IBM Watson IOT justifie le fait de ne pas associer son assistant vocal à un produit et une base de données unique par un parti-pris éthique. « Si vous commencez à contrôler le monde entier grâce à Alexa, cela revient à fournir beaucoup de données et de contrôle à une seule entreprise », a-t-il confié au site d’informations américain, faisant référence à la plateforme Alexa For Business lancée en novembre 2017 par Amazon. La stratégie adoptée par Big Blue soulève par ailleurs plusieurs questions. Les différentes entreprises exploitant la plateforme disposent-elles d’une base de données suffisante pour rendre leur assistant vocal performant ? IBM prévoit de fournir des modèles de bases de données par secteur aux acteurs ne disposant pas des données appropriées. Est-ce suffisant pour égaler les performances des assistants entraînés par les géants du web ?

Autre sujet de débats : la question de la propriété des données. Big Blue affirme que les entreprises qui exploitent Watson Assistant conservent la main sur leurs jeux de données. Autrement dit, quand l’aéroport de Munich se connecte à la plateforme, il n’accède pas aux données d’Harman. Et si IBM déclare ne pas y avoir accès non plus, certains chercheurs tirent tout de même la sonnette d’alarme. Jean-Gabriel Ganascia, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie et expert de l’IA, qualifiait Watson Assistant de « Cheval de Troie », lors du premier forum parlementaire dédié à l’intelligence artificielle tenu en novembre dernier.

Pour l’universitaire, les entreprises gardent la main sur leurs données, mais IBM profite toutefois de l’enrichissement du machine learning qui est effectué. Si Big Blue n’accède pas directement aux bases de données qualifiées des entreprises, son assistant vocal gagne en performance et en intelligence à chaque intégration d’un nouveau jeu de données. À noter qu’après le Voyage et l’Automobile, IBM visera une grande variété de secteurs : hôtellerie, restauration, santé, banque, domotique, etc. De quoi rendre son assistant vocal performant dans de nombreux domaines.

Photo d’ouverture : © Munich Airport

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