Home»DATA»Quelle vision ont les Européens sur l’utilisation de leurs données?

Quelle vision ont les Européens sur l’utilisation de leurs données?

Le cabinet de conseil Boston Consulting Group vient de dévoiler une étude intitulée « Leveraging GDPR to become a trusted data steward » dans laquelle il dévoile le ressenti des Européens dans l’utilisation de leurs données. Il explique ensuite comment le RGPD peut-être un moyen de retrouver la confiance de ses clients.

La transformation pilotée par la donnée est devenue une réalité pour les entreprises. C’est ce qu’explique Boston Consulting Group (BCG) au début de son étude, dans laquelle le cabinet affirme que la data est la matière première la plus prometteuse dans la création de business et de valeur du 21e siècle. Pourtant, le fait de mal utiliser ces données anéantit ces opportunités. BCG explique que le fait qu’un client apprenne par surprise que ses données ont été collectées ou alors que ses données ont été utilisées pour un autre usage que celui annoncé est très mal vécu. C’est là le rôle du RGPD, le règlement européen pour la protection des données qui entrera en vigueur en mai 2018. Mais pour le cabinet, il faudra faire plus que respecter la loi pour retrouver la confiance des clients. Pour mettre en avant les attentes des consommateurs, BCG s’appuie sur deux de ses études réalisées en 2014 et en 2016 dans 5 pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Grande-Bretagne) et aux Etats-Unis.

La méfiance face au partage des données

Toutes les personnes interrogées sont d’accord pour dire qu’il faut être prudent lorsque l’on partage ses données aujourd’hui. L’écart entre les Millennials et les autres générations sur ce point se réduit. Auparavant, les Millennials étaient moins méfiants vis-à-vis du partage de leurs informations.

Mais l’étude dévoile que la méfiance des consommateurs dépend des données en jeu. Sans surprise, les pays européens et les Etats-Unis considèrent que les données bancaires sont privées. Les informations relatives aux enfants et à la santé arrivent juste derrière. Les données les moins « sensibles » concernent le mécontentement vis-à-vis d’un produit, les marques préférées, l’âge et le genre. Mais les données les moins sensibles le deviennent de plus en plus, explique l’étude. La population fait de moins en moins confiance aux entreprises car elle a réalisé que la moindre information récoltée pourrait être monétisable. D’une manière globale, la France et l’Allemagne sont les pays les plus méfiants.

Les secteurs d’activités qui inspirent le moins confiance

Les consommateurs européens et américains sont particulièrement soucieux des informations récoltées par les entreprises online (les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et les e-commerçants), les entreprises du monde de la Finance et le Gouvernement. Pour les Français, les données les plus critiques sont celles qui proviennent des réseaux sociaux, des moteurs de recherche et des organismes de carte de crédit. Dans tous les pays interrogés, les informations récoltées par les hôtels et les compagnies aériennes ne sont pas considérées comme très critiques.

L’étude révèle ensuite que les personnes interrogées sont entre 48% à 62% à penser que les sociétés ne sont pas honnêtes dans leur utilisation des données. « Les entreprises ne tirent pas parti de l’ouverture des consommateurs sur le partage de certaines données. Et lorsqu’ils décident d’en utiliser certaines, ils en informent très rarement le public. Elles ne leur demandent pas non plus leur permission », explique BCG dans son étude. Il y a quelques fois un décalage entre ce que les entreprises et les consommateurs trouvent acceptable. Par exemple, seules 50% des entreprises utilisent des données clients pour commercialiser des produits d’entreprises tierces alors qu’une grande majorité des interrogés (80%) ne voit pas d’inconvénient à cette pratique.

Comment tirer parti du RGPD

Selon le cabinet, le Règlement européen sur la protection des données (RGPD) qui entrera en vigueur le 25 mai prochain va faire entrer les entreprises dans le droit chemin. C’est donc une bonne chose. Mais il explique qu’elles devront tirer parti de cette situation pour entrer dans une relation de confiance avec leurs clients. Et cela va au-delà que le simple respect de la loi.

Boston Consulting Group donne plusieurs best practices en interne et en externe. En interne, il est important que la direction soit impliquée dans la politique des données. Ce n’est pas qu’une préoccupation IT, puisqu’elle peut avoir un impact sur la valeur de la marque ou la croissance de l’entreprise. Cette politique d’utilisation des données doit être claire et centralisée. Un protocole d’accès aux data doit aussi être mis en place pour éviter le mauvais usage de certaines informations par certains départements. Enfin, les entreprises doivent créer des outils en interne qui s’assurent qu’elles ne sont pas hors la loi.

En externe, l’étude conseille bien sûr d’être conforme au 25 mai prochain mais aussi de le faire savoir. La transparence est clé et les entreprises doivent communiquer sur leurs usages de la data. Cela peut passer par une charte publique simplifiée qui s’adresse aux consommateurs. Enfin, il est important de mesurer la confiance de ses clients et de comprendre quelles sont les données qu’ils souhaitent partager ou non.

L’étude complète est disponible ici

A lire également :

Previous post

Conquête et transformation : les deux axes de la nouvelle stratégie de Best Western

Next post

Google Assistant teste le paiement par commande vocale en France

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *