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Startups du Tourisme : que sont-elles devenues ? (Partie 2)

Au fil des années, TOM a pu rencontrer et interroger de nombreux projets d’entrepreneurs dans le Travel et les nouvelles technologies. Depuis leur dernière prise de parole, que sont-elles devenues ? Nous avons sélectionné une dizaine de startups pour nous raconter l’évolution et les nouveautés de leurs projets. Voici la deuxième session de propos recueillis, classés par ordre alphabétique.
Bird Office

En septembre 2016, Bird Office — qui propose un service de location de salles pour professionnels — comptait plus de 2000 clients actifs et entamait son développement européen en ouvrant des bureaux en Belgique. Début 2018, Audrey Lallut, Responsable Webmarketing de Bird Office, a présenté à TOM les évolutions du projet de la startup, considérée initialement comme étant le « Airbnb du bureau ». Après avoir fait évoluer son offre, Bird Office propose désormais un service clé en main pour l’organisation de séminaires et autres événements professionnels. « Nos conseillers Bird Office, experts en séminaire, assurent une prise en charge totale de la demande client qui couvre la réservation de salle et toutes les prestations qui peuvent y être associés, par exemple la nourriture ou encore l’hébergement dans le cadre de déplacements d’affaires notamment », précise Audrey Lallut.

Depuis 2017, la startup se positionne donc comme un expert de l’organisation événementielle professionnelle. Une offre qui semble séduire ses partenaires. Parmi les 7500 clients actifs, la startup compte notamment des références du Voyage telles que SNCF, Evaneos, Marco Vasco, Havas Voyages ou encore le Club Med. Des marques de renom qui utilisent régulièrement le réseau de la startup, fort de 7000 salles dédiées à l’événementiel en Europe. Si l’organisation d’événements pour les grands comptes constitue une bonne partie de son activité, Bird Office propose toujours ses services aux plus petites structures. Ainsi les voyageurs d’affaires qui nécessitent une salle de réunion pour organiser un rendez-vous client lors d’un déplacement peuvent toujours faire appel à la startup. Grâce à sa présence européenne avec ses bureaux en Belgique, à Londres, en Suisse et à Luxembourg, la jeune pousse garantit un service efficace et réactif à ses clients. « L’objectif désormais est de faire comprendre à nos partenaires et à nos prospects l’évolution de notre offre. En nous positionnant comme expert dans l’accompagnement des entreprises pour l’organisation de séminaires et événements pros, nous souhaitons nous imposer en tant que leader sur le secteur », souligne Audrey Lallut.

Côté technologie, la jeune pousse semble miser sur une prestation assurée par les humains. Sur son site, on peut trouver une interface de messagerie instantanée disponible directement depuis la page d’accueil. Cependant, pas d’algorithme d’intelligence artificielle pour gérer les demandes. À la place, un conseiller Bird Office dédié épluche chaque demande au cas par cas pour y répondre de manière personnalisée. Quant au modèle économique de Bird Office, il repose sur la prestation. Le référencement des lieux d’événementiel sur la plateforme est gratuit. La startup se rémunère donc au travers des prestations qu’elle réalise pour ses clients. Une nouvelle offre vient d’ailleurs de rejoindre la grille de services dispensés par Bird Office : la journée d’étude. 

 

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MilesBooster

Lors de notre dernier échange avec la jeune pousse à l’occasion de l’IFTM 2016, MilesBooster — qui propose un service de fidélité B2B2C en offrant des miles aériens à ses utilisateurs qui réalisent des achats sur internet auprès de partenaires commerciaux — enregistrait 1300 partenaires shopping et une soixantaine de compagnies aériennes. En ce début 2018, la startup semble en bonne voie pour imposer son modèle de fidélisation dans le secteur aérien. « 2017 a été plutôt une bonne année pour nous, ça a été l’occasion de lancer notre application sur iOS et Android et de continuer à faire connaître la marque. MilesBooster compte désormais plus de 20 K utilisateurs, des milesaddict, qui voyagent beaucoup et sont très friands de l’achat en ligne. Notre réseau de partenaires s’est développé et compte plus de 1500 marques shopping dont de grands groupes tels que Galeries Lafayette, Fnac ou Darty », explique Boris Ciépiélewski, cofondateur et COO MilesBooster.

Le modèle économique de la startup est basé sur la performance. Les partenaires commerciaux qui souhaitent adhérer au programme de fidélité MilesBooster reversent une commission à la jeune pousse, chaque fois qu’un utilisateur achète un bien sur leur catalogue en ligne. L’utilisateur MilesBooster, lui, a plusieurs choix pour utiliser le service. «  Pour cumuler des AirMiles, l’utilisateur peut passer par notre site web pour parcourir les catalogues de produits partenaires, utiliser notre application ou installer notre plug-in sur son navigateur. L’avantage du plug-in, c’est qu’il identifie automatiquement les sites marchands partenaires de MilesBooster lorsque l’utilisateur navigue sur le web. C’est un moyen simple et pratique de faire son shopping en ligne tout en cumulant des Miles », souligne le COO. Cette fonctionnalité est également disponible sur la version Android de l’application mobile, les utilisateurs iOS devront patienter un peu pour en profiter. À noter que les produits des marques partenaires sont également signalés à l’utilisateur de MilesBooster lorsqu’il parcourt le catalogue Google Shopping. Ces fonctionnalités s’inscrivent dans la volonté de la startup d’offrir une expérience la plus fluide qui soit.

« Notre objectif est véritablement de proposer un programme de fidélité aérien qui soit simple et intéressant pour notre communauté d’utilisateurs. Actuellement, nos Airmiles peuvent être convertis en Miles auprès de nos 60 compagnies aériennes partenaires au taux de 1 pour 1. Nous sommes fiers de cela, mais ce n’est pas assez. Il n’est pas normal que lorsque vous disposez de 49 999 Miles de fidélité, vous ne puissiez pas les utiliser pour réduire le prix d’un vol qui compte 50 000 miles. C’est cette norme que nous souhaitons faire évoluer pour proposer un service plus souple et plus juste. Une priorité à laquelle nous travaillons activement depuis quelque temps déjà et qui devrait bientôt voir le jour », confie Boris Ciépiélewski. L’année 2018 promet donc d’être mouvementée pour la jeune pousse. Les objectifs sont clairs pour le COO qui souhaite (évidemment) continuer à faire connaître la marque et poursuivre son développement. L’offre MilesBooster devrait être étendue à l’ensemble du secteur des transports, en proposant son service de fidélité pour les trains, les hôtels et les locations de voiture. En concrétisant ces objectifs, MilesBooster pourrait se positionner comme un nouvel acteur majeur dans l’industrie du Voyage.

 

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Optionizr

En juin 2017, Optionizr — qui a mis au point un système de pose d’options sur les réservations d’avions — signait un partenariat avec Paris Inn Group pour tester sa solution dans le secteur hôtelier. La startup rejoignait également le programme d’accélération ACT 574 de OUI.sncf. TOM a contacté Laurent Sidier, CEO d’Optionizr pour connaître l’actualité de la jeune pousse, qui suit actuellement sa deuxième année du programme d’accélération. Ce dernier a permis à l’entrepreneur de challenger sa solution et de valider les trois avantages qu’elle génère : la hausse des ventes, l’émergence de revenus additionnels et l’optimisation de l’expérience client. « Au-delà de l’augmentation des ventes observées, entre 2 et 7 %, pour nos partenaires, on constate que les internautes sont prêts à privilégier les sites qui proposent un tel service de pose d’options pour effectuer leur réservation », raconte Laurent Sidier.

Pendant 6 mois, la jeune pousse a effectué une série de tests sur les aspects UX, les questions de pricing ou encore les paramètres liés à la durée d’option, dans 4 hôtels Paris Inn Group. « L’aspect humain est beaucoup plus important dans le secteur hôtelier que dans l’aérien. Il a fallu passer du temps dans les hôtels Paris Inn Group pour analyser la méthode de travail des équipes et leur proposer un outil adapté », raconte Laurent Sidier. La solution hôtelière développée par Optionizr est désormais en cours de déploiement sur l’ensemble des 32 établissements Paris Inn Group. Fin 2018, Laurent Sidier espère voir une centaine d’hôtels équipés de sa solution, issus de grands groupes et au positionnement haut de gamme principalement. Grâce aux données collectées par son outil, Optionizr est en mesure d’effectuer des recommandations à ses partenaires, de manière personnelle ou robotisée à l’aide d’algorithmes. Interrogé sur une possible application du service dans le voyage d’affaires, le CEO affirme ne pas être encore positionné sur le secteur, mais avoir identifié certaines tendances auprès des voyageurs d’affaires qui pratiquent l’open booking.

En parallèle, la jeune pousse fait ses premiers pas dans la billetterie culturelle. Un secteur prometteur pour Optionizr. « Dans le spectacle, il est courant de voir un utilisateur poser une option sur 5 billets et la partager avec ses proches via les réseaux sociaux. La demande de la part des distributeurs dans l’événementiel est forte », explique Laurent Sidier. Le CEO a confié à TOM ses ambitions de développement à l’international. L’équipe réunira à cet effet 15 collaborateurs au printemps 2018, pour se développer à Londres, en Asie et aux États-Unis. « Des compagnies aériennes, des hôtels, mais aussi des stades en Amérique et en Asie se sont montrés intéressés par notre solution », explique le CEO. Si pour l’heure, l’activité hôtelière est moins développée pour Optionizr, les trois secteurs ciblés constitueront à terme une part équivalente de son activité. Avec son modèle économique basé sur la performance, permettant à ses partenaires B2B de payer des frais uniquement sur les options vendues, Optionizr ambitionne à long terme de démocratiser la pose d’options à l’ensemble du e-commerce.

 

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RoomRoom

Lancé en avril 2015, RoomRoom — qui permet aux voyageurs de revendre leur nuit d’hôtel non remboursable en cas d’annulation de séjour — visait entre 500 et 1000 annonces sur son site à la fin de son premier exercice. L’offre proposée par la startup était inédite dans l’hôtellerie, ce qui, en plus de son côté pratique, lui donnait de bonnes chances d’être adoptée par les voyageurs. TOM a contacté Michel Athénour, cofondateur et CEO d’Autrement, la société éditrice de RoomRoom et d’autres services relatifs à l’hébergement touristique, pour connaître l’actualité et l’évolution du projet RoomRoom.

Le projet avait été lancé suite au constat qu’aucune offre de ce genre n’existait pour l’hébergement, alors qu’un service similaire de troc de billets de trains, était plébiscité par les voyageurs. Canal de distribution supplémentaire pour les hôteliers et optimisation des dépenses pour les voyageurs, l’attractivité du service proposé par RoomRoom n’a cependant pas eu l’effet escompté.  Si l’offre imaginée a tout de suite séduit le grand public et les médias, l’équipe s’est heurtée à des contraintes qu’elle n’a pas su surmonter. « Pour que l’offre RoomRoom soit pertinente, il fallait parvenir à cumuler un volume conséquent d’offres. Sans quoi, impossible de répondre au besoin des voyageurs que ce soit en termes de date et d’emplacement notamment », explique Michel Athénour. Mais le service RoomRoom a été plus difficile à implémenter à l’offre des hôteliers que prévu. Outre les contraintes techniques, l’équipe s’est retrouvée face à une réaction ambivalente de la part des hôteliers. « La couverture médiatique a été très forte à notre lancement. Les hôtels indépendants ont accueilli plutôt favorablement notre solution, mais ce n’était pas le cas des chaînes hôtelières, qui, sous prétexte de devoir respecter une parité tarifaire stricte, ne pouvait pas revendre une même chambre à moindres coûts », explique Michel Athénour.

Face aux réticences des grands groupes hôteliers, RoomRoom n’a pas pu réunir un volume suffisant d’offres pour rendre son service pérenne. Pour le cofondateur, la raison donnée par les chaînes hôtelières n’est qu’un prétexte. Déçu de ne pas avoir pu développer le service sur le long terme, l’entrepreneur tire cependant une bonne leçon de cette expérience. « Nous avons sous-estimé les contraintes inhérentes au projet. Peut-être que le marché n’était pas prêt pour un tel service, et que dans quelques mois ou dans quelques années on verra un nouvel acteur proposer une offre du même genre », relativise Michel Athénour. Pour l’heure, l’entrepreneur et ses collaborateurs se concentrent sur le développement de services et plateformes liés à l’hébergement hôtelier. Regroupant chambreapart.com, hotelhotel.com ou encore hotelaparis.com, la société Autrement se positionne en tant que spécialiste de l’hébergement en ligne. Quant à RoomRoom, un message d’explications a été posté sur la page du site, indiquant les coordonnées du service client pour les utilisateurs qui n’auraient pas encore profité de leur réservation par exemple. « Je pense que dans quelques années, l’expérience RoomRoom pourra peut-être constituer un cas d’école pour les étudiants en commerce : comment un service innovant, et qui crée de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes, a échoué. Nous reviendrons prochainement sur les facteurs qui ont joué en notre défaveur dans un billet de blog », conclut Michel Athénour.

Photo d’ouverture : © Brendan Church

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