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Intelligence artificielle : on a rencontré l’équipe Jarvis de Voyages-sncf.com

 


Au début de l’année, Voyages-sncf.com créait une équipe dédiée à l’intelligence artificielle et au conversationnel au nom évocateur : Jarvis. Aujourd’hui composée de 12 personnes, l’équipe se charge d’imaginer et de lancer de nouvelles solutions qui s’inscrivent dans ces deux domaines technologiques. TOM s’est rendu dans les locaux OUI Work pour en savoir plus sur sa manière de travailler, sur les projets en cours et ses inspirations.

Nom de code : Jarvis. Un nom qui en dit long sur la mission qui a été confiée à cette équipe créée cette année par Voyages-sncf.com (VSC). Jarvis, c’est l’assistant intelligent de Tony Stark dans Iron Man, son alter-ego virtuel qui l’épaule dans ses aventures de super-héros.

C’est dans les locaux OUI Work, un espace éphémère dans le 2e arrondissement de Paris dédié à la co-construction et à l’innovation, que nous retrouvons une partie de l’équipe, en résidence pendant une semaine. Un espace de travail aux couleurs de la nouvelle identité de VSC qui deviendra OUI.sncf en décembre prochain et qui n’a rien à envier aux startups niveau culture geek : sur les murs et les étagères, les références à Star Wars et aux jeux-vidéo sont nombreuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la résolution de quelques bugs, Caroline Chupin, Product Owner chez VSC, peut lever les yeux de son ordinateur portable : « Bienvenue dans la feature team Jarvis, je suis Caroline et je suis PO, l’équivalent d’un chef de projet ». Une feature team, c’est une équipe indépendante sur le plan organisationnel et dans l’architecture d’un produit. Celle de Jarvis est composée de 12 personnes. On trouve notamment une Product Owner ; des UX Designers, en charge de l’amélioration de l’expérience utilisateur ; des UI Designers, en charge de l’amélioration de l’interface produit ; une testeuse qui vérifie que les produits fonctionnent bien ; des développeurs et un concepteur-rédacteur, un poste assez nouveau, qui s’inscrit dans l’essor du conversationnel. C’est lui qui est derrière le bot de VSC, derrière le « wording ». « Il écrit les blagues et donne une personnalité au bot », précise Caroline Chupin. Il y a aussi un scrum master qui anime certains rendez-vous de l’équipe.

La méthode scrum ou une gestion de projet agile

En plus d’être une feature team, l’équipe Jarvis utilise la méthode Scrum. Il ne s’agit pas d’une façon de monter un meuble Ikea, mais d’un schéma d’organisation, une manière de travailler bien particulière. Chez VSC, les « sprints », les cycles de travail, ont une durée de deux semaines en moyenne. Le PO ainsi que les UX et UI* mettent en place des user stories. « Par exemple, en ce moment, une des user story sur laquelle nous travaillons est la possibilité d’être géolocalisé par Google », explique Caroline Chupin.

A chaque cycle, plusieurs user stories sont proposées. Les développeurs estiment ensuite la complexité des projets et le scrum master les compare avec les précédents. Des points sont ainsi attribués en fonction de la complexité.
Tous les matins, l’équipe fait un DSM (daily scrum meeting) durant 15 minutes. Devant un tableau divisé en colonnes « to do », « en cours », « code review » et « done », elle partage ses difficultés et son état d’avancement.
A la fin du sprint, durant lequel plusieurs user stories ont pu être développées, vient la démonstration. « On montre à toute l’entreprise ce que l’on a fait », précise Caroline Chupin. Vient écouter qui veut, que l’on soit aussi bien du département technique ou encore communication. Après cela, la dernière étape consiste à faire la rétrospective du sprint, animée par le scrum master. Le but est d’améliorer la manière de travailler et donc la productivité de l’équipe.

Les user stories les plus pertinentes pour les utilisateurs sont ensuite proposées sur #OpenVSC, plateforme communautaire et participative de la marque destinée aux clients qui veulent s’impliquer. Il est ainsi possible d’en savoir plus, mais aussi de donner des feedbacks s’ils ont pu tester le produit en question via l’espace Co-construction. « Pour notre application développée pour Google Home par exemple, il s’agirait surtout de connaître les attentes des clients en matière d’assistant vocal. On demande par exemple : utiliseriez-vous Google Home pour ce genre de service ? », illustre la PO de l’équipe.

Les réalisations de Jarvis

Jarvis est spécialisée dans le conversationnel et l’intelligence artificielle. Pas étonnant donc que ses premières réalisations soient rattachées à ces domaines. Certains membres de l’équipe avaient déjà travaillé sur l’enceinte Amazon Echo, équipée de l’intelligence artificielle Alexa. Désormais, Jarvis s’est attaquée à une autre enceinte, Google Home.

Contrairement à la première, Google Home est disponible en Europe depuis octobre dernier. Plus pratique pour s’adresser à un public européen et qui plus est, français. Après avoir prononcé « Ok Google, je veux parler à Voyages-sncf » à haute voix, il est possible d’effectuer une recherche en discutant avec l’Assistant. La voix, le lexique, le ton, tout a été déterminé par la feature team Jarvis. Un service en phase de test que l’on peut aussi retrouver sur l’application The Assistant de Google. Comme avec l’enceinte, il suffit de demander de parler à Voyages-sncf. L’assistant comprend le langage oral, le retranscrit à l’écrit dans l’application et y répond également à l’écrit.

Olivier Chardot, UI Designer et Justin Marsan, Intégrateur
A gauche, Amina Esselimani, Lead UX, Frédéric Dardion, UX Designer. A droite, Caroline Chupin, PO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une brique NLP fait maison

Pour développer ces fonctionnalités, l’équipe a créé sa propre brique NLP. Le NLP, pour « natural langage processing », c’est la reconnaissance du langage naturel. C’est ce qui permet aux assistants virtuels de comprendre la signification du mot « bonjour » ou « merci ». Dans le cas de Google Home, VSC aurait pu se contenter de la technologie de Google et utiliser sa brique NLP. Mais la société veut évoluer avec sa propre technologie et apprendre de ses erreurs. Cette brique évolue sans cesse. Via un système d’apprentissage supervisé, l’équipe lui apprend à reconnaître les mots dans un certain contexte. Elle s’assure que le système comprenne l’intention des utilisateurs.

L’aventure de Jarvis vient tout juste de commencer, tout comme le nouveau cycle d’innovation de VSC intitulé « smart agent ». Si on ne sait pas exactement comment, on sait quelle expérience la team Jarvis veut proposer à terme aux utilisateurs. Lorsque l’on leur demande quel est le film qui les inspire dans leur travail, la majorité de l’équipe répond Her, de Spike Jonze. Dans le film, on suit la vie de Theodore Twombly qui voit sa vie bousculée par l’arrivée d’une assistante personnelle virtuelle ultra perfectionnée et réaliste, dont il tombe amoureux. « C’est le chatbot parfait », déclare Justin Marsan, Intégrateur de la team Jarvis. Une idée partagée par Frédéric Dardion, UX Designer, qui met en avant la qualité de l’expérience proposée. « C’est une intelligence artificielle idéale, attachante et fiable », complète Amina Esselimani, Lead UX. Côté interface idéale, Olivier Chardot, UI Designer, cite lui Minority Report de Steven Spielberg. Avec une team nommée Jarvis, il n’y a pas de raison que l’équipe ne parvienne pas à créer une expérience digne des films de science-fiction.

 

*Bienvenue dans le monde merveilleux des abréviations barbares. Si vous ne comprenez pas, vous référer aux différents postes plus haut.

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