Home»ACTUS»SKYdeals aide les compagnies aériennes à générer des revenus à bord

SKYdeals aide les compagnies aériennes à générer des revenus à bord

skydeals

L’une des problématiques des compagnies aériennes aujourd’hui est d’occuper les voyageurs à bord, en particulier lors des vols long-courriers. C’est pourquoi SKYdeals a lancé sa solution de « shoppertainment » en janvier 2017, afin de divertir les passagers tout en assurant des revenus supplémentaires aux compagnies.

« SKYdeals est le premier fournisseur de shoppertainment. C’est une place de marché qui met à disposition des ventes privées pour les passagers des compagnies aériennes ». Voilà comment Julien Sivan, Fondateur de SKYdeals, présente en quelques mots sa société créée en janvier 2017. Derrière le terme un peu compliqué de « shoppertainment » se cache un concept assez inédit dans l’aérien : proposez des produits et services en fonction des lieux survolés ou de l’heure qu’il est. L’idée est donc d’inciter le passager à acheter en apportant une dimension d’exclusivité et de jeu.

Julien Sivan donne trois cas de figure. Si un avion survole la Suisse durant quelques minutes, les voyageurs peuvent se voir proposer du chocolat. Ce sera le seul moment où ils pourront accéder à cette offre. Autre manière de « gamifier » (utiliser les mécanismes du jeu) l’achat : les ventes groupées. SKYdeals propose des réductions sur des produits si 10 personnes dans l’avion achètent le même, par exemple. Une idée qui pousse également les passagers à se parler entre eux. Des ventes flash sont aussi organisées et proposent des produits et services exclusifs sur une période courte. « Quand j’étais petit, je savais qu’à l’aéroport, je pourrais acheter des produits que je ne trouverais nulle part ailleurs. Depuis Internet, a un peu tué cet enthousiasme car nous pouvons trouver tout ce que nous voulons à tout moment, explique le fondateur. Ce que nous voulons, c’est redonner de l’excitation dans le travel retail ».

Une régie d’offres

SKYdeals surfe sur le BYOD (Bring your own device, l’utilisation de ses propres appareils électroniques) et la solution est donc disponible sur les smartphones ou les tablettes des voyageurs. Les marques qui souhaitent vendre leurs produits ou services peuvent choisir de livrer les passagers directement chez eux ou proposer de venir les chercher en boutique. « Notre but à terme est d’installer des casiers de collecte à la manière d’Amazon, situés près des tapis bagages », continue Julien Sivan. La condition pour travailler avec la jeune société est de proposer des prix de déstockage pour que le passager ait un intérêt à acheter en vol. Plus qu’une régie publicitaire, SKYdeals est une régie d’offres. Le but est de déboucher sur un achat. Pour ce qui est du modèle économique, la société se rémunère grâce à un partage de revenus avec la compagnie. Elle prend une commission sur chaque vente et reverse 50% à la compagnie.

Pour mieux répondre aux attentes des voyageurs, la startup est capable de personnaliser les offres en fonction du profil de la personne. Une marque peut ainsi choisir de cibler seulement les hommes de 20 à 30 ans par exemple. « A terme, nous voulons que deux passagers assis côte à côte n’aient pas les mêmes offres, précise t-il. Mais proposer des produits en fonction des destinations, c’est déjà un gros travail de personnalisation en soi ».

La problématique de la rentabilité du Wi-Fi

La solution de SKYdeals répond à une nouvelle problématique dans le secteur de l’aérien, celle de la rentabilité du Wi-Fi. De plus en plus de compagnies installent une connexion à bord afin de répondre aux nouveaux besoins des voyageurs. Mais cela à un coût. « Certaines compagnies décident de faire payer l’accès au Wi-Fi, mais du coup, le taux d’usage est faible », explique Julien Sivan. Il faut donc laisser un libre accès, sans que ce soit un poste de coût pour autant. Sur la question du Wi-Fi, les compagnies européennes ont encore du chemin à parcourir car les usages ne sont pas encore là. « Les passagers paniquent lorsqu’on leur dit qu’ils peuvent utiliser leur mobile à bord, ils ont l’impression qu’ils vont faire crasher l’avion », plaisante t-il.  Pour le moment, le marché se trouve ainsi principalement en Asie ou aux Etats-Unis pour la société, des pays bien plus habitués à utiliser le Wi-Fi dans l’avion.

D’ailleurs, après avoir effectué des premiers tests avec la compagnie French Blue, SKYdeals devrait effectuer des tests avec American Airlines dans les prochaines semaines. La startup est également en discussion avec une compagnie asiatique. La solution n’est disponible qu’en anglais et français, mais pourrait être traduite en fonction des demandes.

SKYdeals veut proposer des billets gratuits

En parallèle de sa solution de « shoppertainment », Julien Sivan réfléchit à un tout autre projet, tout aussi ambitieux : pouvoir prendre l’avion gratuitement. Un projet pas si éloigné du premier. L’idée est la suivante : si un passager achète des produits et des services dans l’avion, il gagne des points qui baisseront le prix du prochain voyage. Par exemple, si un passager fait des achats d’une valeur de 200 euros sur le dispositif, ces 200 euros seront déduits du prix de son prochain billet. Julien Sivan parle de « voyage sponsorisé ». Le passager voyage gratuitement grâce à telle ou telle marque. « Cela permet d’aller au bout de l’expérience de shopping », explique t-il. Des discussions ont été initiées avec une compagnie afin de mener à bien l’idée.

Aujourd’hui l’aérien, demain la croisière, le ferroviaire et l’automobile

La solution de SKYdeals est utile dans tous les moyens de transport où les voyageurs auraient besoin de se divertir ou d’acheter des services pour le lieu de destination. La startup est ainsi en discussion avec des croisiéristes, des opérateurs ferroviaires et des acteurs du secteur… des voitures autonomes. « Lorsqu’il n’y aura plus besoin de conduire, on s’ennuiera ! », plaisante Julien Sivan. Il faudra donc divertir les passagers et pourquoi pas pousser des activités qui pourraient les intéresser sur le trajet.

Afin de réaliser ses ambitions, SKYdeals a déjà levé 500 000 euros cet été auprès de business angels. Mais elle ne compte pas s’arrêter là et espère récolter de 3 à 4 millions d’euros au début de l’année 2018.

Photo d’ouverture : Bambi Corro

Previous post

Relation client : pourquoi faut-il prendre les voyageurs par les sentiments?

Next post

VizEat et Ctrip s’allient pour conquérir le marché chinois

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *