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Intelligence artificielle : quels enjeux et quelles inquiétudes ?

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A l’occasion des Entretiens de Vixouze, une session originale intitulée « Dialogue avec un robot » a permis de faire un état des lieux sur l’avancée des recherches en matière d’intelligence artificielle et de s’interroger sur l’impact positif comme négatif de son implémentation dans nos sociétés.

La conférence valait le détour. Pour introduire le sujet complexe de l’intelligence artificielle et de ses domaines d’application, François Bourquin, Expert quantique et Chief Digital Officer chez Orange et Philippe Vidal, « Imagineur », ont commencé par jouer quelques scènes théâtrales mettant en scène un savant fou autrichien et son robot. En illustrant avec humour le passage d’une machine affable et détraquée pilotée par son créateur à coup de « Ok Gogole » à un robot intelligent qui sait davantage ce qui est bon pour son maître que lui-même, il était plus facile de comprendre les évolutions passées et qui continueront d’opérer.

Quelques éléments d’évolution

Après avoir enlevé son costume de savant fou et repris des consonances françaises, François Bourquin a rappelé ce qu’était le machine learning, un sous-ensemble de l’intelligence artificielle permettant aux machines d’apprendre d’elles-mêmes. Selon lui, le machine learning a deux défauts aujourd’hui. Il permet à une machine de reconnaître un chat ou un chien sur une image après avoir appris à les visualiser dans un certain contexte. Mais si l’on rajoute des attributs d’un lion à un chat, elle sera complètement perdue. C’est pourquoi la supervision humaine reste encore nécessaire selon François Bourquin. Les humains restent décisionnels. L’autre défaut apparaît dans le contexte des véhicules autonomes. Si un vieux monsieur se trouve à bord d’une voiture autonome et qu’un enfant surgit hors d’un passage piéton, qui faut-il sauver ? Certains systèmes choisiront de sacrifier le vieux monsieur, d’autres l’enfant, car il transgresse les règles. « Le mode supervisé permet pour le moment de ne pas laisser la machine décider elle-même », explique le Digital Chief Officer. Il permet aussi d’éviter un scénario à la Terminator composé de robots à la vision binaire.

Parallèlement, l’informatique quantique (capable de traiter simultanément plusieurs états à la fois, ce qui augmente de manière exponentielle la vitesse de calcul) permet aujourd’hui de traiter beaucoup plus d’informations qui proviennent notamment de l’IoT (Internet of Things) que l’informatique « traditionnelle ».

La question de l’émotion

Toutes ces améliorations posent la question de l’émotion. Car si les machines deviennent plus intelligentes, elles ne sont pas forcément plus humaines. François Bourquin a expliqué qu’un robot intelligent ne peut pas trouver quelque chose de beau, car il ne fait qu’analyser. Pourtant, le système Continuator mis au point par un scientifique français permet de créer des morceaux de musique dignes de Bach. Les personnes ayant écouté ces morceaux, qui ne savaient pas qu’il s’agissait d’une intelligence artificielle, ont même ressenti l’émotion véhiculée par le compositeur. La question de l’émotion sera donc essentielle dans la définition du robot de 2050 selon lui.

L’intelligence artificielle apprend de l’humain et inversement

Une personne dans la salle s’est ensuite tournée vers Christian Mantei, Directeur Général d’Atout France pour l’interroger : « Que pensez-vous des robots qui demain, pourraient remplacer les élus ? ». « Pour moi, les élus doivent toujours avoir un temps d’avance sur les robots », a répliqué Christian Mantei. Ce à quoi la personne a répondu : « L’intelligence artificielle qui a gagné contre le champion du monde de Go avait pourtant un temps d’avance… ». Le Directeur Général d’Atout France a alors expliqué : « Certes, mais les élus peuvent décider de la suppression des robots. Il y a une part d’arbitraire dans la façon dont un humain prend des décisions. L’humanité est indispensable ».

Une discussion complétée par François Bourquin : « Les robots apprennent des humains mais l’inverse est également vrai ». Il a donné l’exemple de l’intelligence artificielle Watson d’IBM qui a œuvré dans le domaine de la santé. Pour trouver le bon traitement à prescrire à des personnes atteintes d’un cancer, IBM a implémenté le diagnostic de 1000 médecins dans le système. A partir de cela, Watson a été capable de trouver un traitement permettant une guérison à hauteur de 70% contre 47% de chance de réussite pour celui trouvé par les médecins. Soit l’intelligence artificielle s’est trompée, soit elle a raison. Dans tous les cas, elle a donné de nouvelles pistes de réflexion auxquelles n’avaient pas pensé les médecins. « C’est de la co-construction. L’intelligence artificielle apprend de l’humain et par la suite l’humain apprend des réflexions de l’intelligence artificielle », a illustré le Chief Digital Officer.

Selon lui, des gardes fous seront indispensables pour ne pas tomber dans les dérives et se laisser dépasser. Et de citer Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Une belle phrase de conclusion, vite contrebalancée par l’intervention d’une personne du public : « Et pendant ce temps là, deux intelligences artificielles de Facebook ont réussi à créer leur propre langage, incompréhensible pour l’Homme… ».  

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