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A quoi ressemblera le thermalisme en 2030 ?

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Patrick Viceriat est Directeur Expert Tourisme chez Artelia, groupe indépendant d’ingénierie, de management de projet et de conseil. Il imagine à quoi pourrait ressembler le thermalisme à l’horizon 2030.

Selon Patrick Viceriat, les progrès dans la médecine et les nouvelles technologies vont continuer à transformer le secteur du thermalisme. Internet très très haut débit, les objets connectés de santé, le m-thermalisme, la digitalisation des entreprises, les applis mobiles, le Big Data appliqué à une meilleure connaissance de la santé, les applications robotiques : tout cela va bousculer les modes de consommation, les business model, l’organisation du travail, le marketing et la vente. L’enjeu sera aussi d’intégrer les évolutions de la médecine de demain : le prédictif, l’autodiagnostic/l’évaluation avec les objets connectés, la multiplication des capteurs et les services médicaux innovants.

Pour prendre en compte tous ces changements, les professionnels du thermalisme devront analyser les comportements des clientèles thermales en matière de choix, de prescription, de réservation de cure et de séjour thermal. Ils devront également (ré)inventer une offre thermale numérique et non plus simplement adapter et faire exister leur produit et leur destination via Internet. Enfin, ils devront construire de nouvelles stratégies commerciales, dont le numérique sera la composante centrale, selon Patrick Viceriat.

Avant la cure : un diagnostic et une organisation automatisés

Pour illustrer un séjour en cure en 2030, le Directeur Expert Tourisme chez Artelia imagine le parcours de deux jeunes retraités, François et Carla, âgés de 65 ans. Il explique qu’avec les techniques d’analyse prédictive et le séquençage des génomes, François savait depuis longtemps qu’il souffrirait un jour de rhumatismes. Son bracelet connecté lui permet de suivre son état de santé et d’accéder à ses dernières analyses qui sont transmises en temps réel au serveur de son médecin traitant. C’est en voyant ces informations que son médecin lui a conseillé une cure traitant le rhumatisme.

Patrick Viceriat explique que les objets connectés sont devenus de plus en plus invasifs. Nous sommes passés des wearables aux « insidables », des vêtements aux implants. Il ne s’agit plus d’Internet des objets, mais d’Internet des corps.

De son côté, Carla envisage de suivre une cure anti-âge. Elle demande à son robot Pepper de lancer une recherche. Elle est alors contactée par un centre qui lui propose un diagnostic anti-âge, une semaine de soins et son tout nouveau programme pour lutter contre les pertes de mémoire. Elle décide avec son mari de réserver une cure à Aix-les-Bains.

Patrick Viceriat explique que le vieillissement de la population a conduit à un énorme besoin d’assistance en matière de diagnostics, de consultations et de soins spécifiquement dédiés à la lutte contre le vieillissement ou de services à la personne. L’aide de Pepper, leur robot compagnon, s’inscrit dans le cadre du Programme Européen d’Assistance à la Robotique des Seniors.

Pendant la cure : un séjour ultra personnalisé

Une fois arrivé, François reçoit un bracelet connecté multifonction contenant le planning des soins pendant 3 semaines. Il pourra suivre l’efficacité des traitements ainsi que son médecin qui pourra ajuster le cas échéant le traitement. Il lui permettra aussi de régler ses achats. Tous les dispositifs de soin sont désormais connectés, ce qui permet d’augmenter leur efficacité, d’optimiser les quantités d’eau utilisées et de recueillir des données. Les robots sont omniprésents : dans le nettoyage et la maintenance des locaux et dans toutes les opérations ménagères.

Carla, de son côté, se rend au centre de VAnti-Âge qui lui propose d’effectuer une série d’examens très complets de son niveau de vieillissement. Un programme personnalisé est alors mis en place, pouvant aller de simples conseils d’hygiène de vie à des soins de médecine, voire des actes légers de chirurgie esthétique.

La chambre où réside le couple est ultra personnalisée. Taille de la chambre, type de lit, éléments du mobilier, couleur des murs, du canapé ou des rideaux, tout est ajustable. Les murs sont interactifs et il est possible de choisir son éclairage et son parfum d’ambiance. Les oreillers offrent des massages du cou et de la nuque, les pyjamas sont équipés de capteurs pour surveiller le niveau de sucre dans le sang et un système holographique peut faire apparaître un coach virtuel en 3D. L’hébergement est aussi éco-responsable et favorise l’éco-gestion (compteur intelligent pour réduire l’utilisation d’eau, capteurs de mouvement…).

Grâce au Big Data, leur robot Pepper est capable de leur proposer des activités ou des restaurants qui leur correspondent. Pendant le séjour, il s’occupe également de la cuisine, du ménage et de la sécurité du cottage. Ce qui laisse le temps à François de tester le simulateur de randonnée en montagne permettant de découvrir avec des lunettes 3D de troisième génération les sommets des Alpes.

Après la cure : un suivi sur le long terme

Sur le chemin du retour, dans leur voiture autonome, le couple reçoit un pitch-vidéo de remerciements du Resort des Bains, puis de l’Office de Tourisme et des Thermes. Tous leurs résultats d’évaluation sont envoyés directement à leur médecin traitant. Le suivi ne s’arrête pas là car Carla sera accompagnée pendant 3 mois avec des conseils personnalisés et des soins complémentaires.

Photo d’ouverture : Ales Krivec

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2 Comments

  1. l.duval@auvergnerhonealpes-tourisme.com'
    Lawrence DUVAL MONFORT
    4 septembre 2017 at 14 h 43 min — Répondre

    Article très intéressant ! Merci
    Avez-vous d’autres articles sur le thermalisme ou le bien-être de demain, ainsi que sa façon de le promouvoir ?
    Bonne journée
    Lawrence

    • 4 septembre 2017 at 14 h 58 min — Répondre

      Bonjour Lawrence,
      Non, nous n’avons pas d’autres articles sur le sujet. c’était inédit pour nous 🙂

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