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Comment le Web a-t-il bouleversé la distribution des produits touristiques ?

Bourse des vols, agence spécialisée dans la vente de billets d’avions en ligne, est née en même temps que l’e-tourisme. Son Co-fondateur, Fabrice Dariot, en a donc pendant vingt ans constaté toutes les évolutions. À l’occasion du séminaire Raffour Interactif, il a expliqué comment ces changements ont bouleversé la distribution des produits touristiques jusqu’à aujourd’hui.

« L’e-tourisme est une révolution vieille de vingt ans », a déclaré Fabrice Dariot lors du 14e séminaire Raffour Interactif qui se tenait le 6 juillet dernier à la Maison de la RATP, à Paris. Le Co-fondateur de l’agence de voyages en ligne spécialisée dans la vente de billets d’avion Bourse des vols (BDV) est revenu pour l’occasion sur les évolutions d’Internet et des nouvelles technologies qui ont transformé la façon de proposer des produits touristiques. Selon l’interlocuteur, BDV est une startup de première génération née en même temps que l’e-tourisme, il y a vingt ans : « Plein d’acteurs sont apparus à cette époque, directement sous la forme digitale », a-t-il expliqué.

Oric_Atmos
L’Oric Atmos. © Soupmeister.

C’est alors l’âge des micro-ordinateurs avec les Oric Atmos, s’est-il souvenu. À ce moment, l’Internet né de la guerre froide est un réseau maillé qui sert à transférer des fichiers entre universitaires. En 1995, la création des navigateurs change tout. Alors que l’information était codée car uniquement à destination des experts, la communication se fait désormais en langage naturel. BDV se lance alors sur le Minitel, avec de la comparaison tarifaire. La centralisation n’existait que sur les GDS, réservés aux professionnels. Seulement, la jeune-pousse abandonne l’idée. Elle ne tire pas de modèle économique viable : « La preuve que tout parcours d’entrepreneur comporte des erreurs », s’amuse Fabrice Dariot.

BDV arrive alors dans le WAP (Wireless Application Protocol), qui permet d’accéder à Internet à partir des appareils de transmission sans fil comme le téléphone mobile. Vient ensuite la géolocalisation des adresses IP, pour adapter le site Internet selon l’endroit où se trouve le client. Un système pas vraiment précis, mais complètement novateur. La startup se spécialise dans la vente de vols secs,  avec des offres de plusieurs compagnies aériennes.

Des transformations technologies synonymes de changements d’acteurs

Pour Fabrice Dariot, les années 1990 ont été les années du TRANSPAC, service de transmission de données utilisant la technique de commutation par paquets et les années 2000, celles de l’ADSL. Les producteurs commencent à distribuer, les distributeurs à produire des voyages. « Les frontières deviennent floues. C’est le début du retournement dans la désintermédiation », a-t-il affirmé. Puis les années 2010 ont vu se développer le sans-fil. « C’est une transformation considérable. Le client devient producteur de la chaîne économique », a-t-il continué. Désormais, en 2017, l’e-tourisme devrait atteindre un chiffre d’affaires global de 20 milliards d’euros selon une étude du cabinet Phocuswright.

Durant ces années de transformation, des pionniers ont disparu, comme certaines compagnies aériennes nationales. D’autres fusionnent. La désintermédiation permet la création de nouveaux intermédiaires, qui ne sont plus les mêmes qu’avant. Ceux qui vont perdurer, d’après le Co-fondateur de BDV, seront les plus avancés en termes de technologie et de service. De plus, « la difficulté est que les utilisateurs ne font jamais ce que l’on a prévu. D’où l’importance de l’expérience client. Il faut lui proposer quelque chose qu’il trouve chez nous et qu’il ne trouve pas ailleurs », a-t-il développé. Les compagnies aériennes low-cost, nées avec le digital, ont cet avantage d’avoir pour colonne vertébrale Internet. Elles ont compris les process et les moyens de contacter l’utilisateur de façon plus personnelle et se tournent vers d’autres intermédiaires pour remplir leurs avions.

La désintermédiation, bénéfique pour les vols secs

L’hébergement « s’ubérise » également. Les voyageurs deviennent acteurs. Là où les flux étaient canalisés, l’économie est décentralisée. Et cela a un impact positif sur les vols secs, selon Fabrice Dariot. De plus, le mobile prend une place de plus en plus considérable. Le frein vis-à-vis des produits touristiques sur smartphone est principalement lié à des questions de sécurité : « Peut-être que l’ordinateur va être amené à disparaître, être mobile first est donc une nécessité. Le frein à la fluidité est la sécurité des transactions. Plus vite nous avons la garantie que celui qui commande est bien le détenteur du moyen de paiement, plus nous avons la certitude que le client ne s’opposera pas à ce dernier. Mais le droit va moins vite que la technique », a-t-il expliqué. Le compromis doit donc se faire entre vitesse, sécurité et réglementation.

Dans le même temps, alors que se développe une multitudes de petits acteurs, seuls 0,5 % d’entre eux font plus de 10 millions d’euros de volume d’affaires par an selon une étude de FEVAD. Les prévisions sont difficiles à faire pour le e-tourisme, a conclu Fabrice Dariot. Dans tous les cas, « il faut toujours innover et être proche de son utilisateur, malgré les difficultés que cela comporte ».

À lire également : Comment les sites du Tourisme ont-ils évolué ces dernières années ?

© Photo du slider :Flickr — Nicolas Nova

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