Home»DATA»Forum Changer d’Ère : Mobilité du futur, ou quand tout est connecté

Forum Changer d’Ère : Mobilité du futur, ou quand tout est connecté

forum-changer-dere-mobilite-du-futur-ou-quand-tout-est-connecte

Dans la révolution de la mobilité numérique, la Data devient la matière première. Quel en sera l’impact sur notre quotidien ? Joël de Rosnay, François Taddei, Mélanie Marcel,  Christian Peugeot, Alain Bensoussan et David Lacombled ont été invités lors du Forum Changer d’Ère à en discuter lors d’une table ronde intitulée « Mobilité du futur, ou quand tout est connecté ».

Le Forum Changer d’Ère, dont la cinquième édition se tenait à la Cité des sciences et de l’industrie le 13 juin dernier, invitait à la prospection. Une équipe d’experts était ainsi réunie pour réfléchir aux aspects des nouvelles mobilités qui vont transformer le quotidien. Entre enjeux de sécurité — qui entourent particulièrement la data et les algorithmes — et opportunités, le débat était riche en idées.

Repenser les liens

Joël de Rosnay, scientifique, prospectiviste, conférencier et écrivain français, explique qu’il existe deux unités à prendre en compte, le lieu et le lien : « Le déplacement par la mobilité physique est permise grâce à un moyen de transport. Elle demande de l’énergie et de l’espace dans le temps. Le lien permet le déplacement dans l’espace, mais sans se déplacer physiquement ». Il suffit ainsi de cliquer sur un lien pour aller dans un autre lieu, physique ou d’esprit. C’est le principe de l’hyperlien et l’idée du web. Le numérique permet la désynchronisation des temps et la délocalisation de l’espace, ce qui implique le changement de la relation au travail.

« Nous avons  besoin, dans ces nouveaux espaces, de penser les liens entre le monde physique et le monde des idées », complète François Taddei, biologiste français et Directeur du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires à Paris). Selon lui, il faut travailler sur ces nouvelles dimensions, avec des outils inspirés du monde physique. Aujourd’hui, il existe des systèmes pour trouver des personnes ayant des activités communes. Peut-on faire la même chose dans le monde des connaissances ? Le biologiste évoque notamment l’idée d’un GPS des connaissances pour cartographier ce nombre de dimensions croissantes. De cette manière, « nous pourrions définir concrètement ce qu’il reste à savoir et en comprendre les opportunités », développe-t-il. Il parle ainsi de « covoiturage intellectuel » ou de « Tinder des connaissances complémentaires aux nôtres ». Mais la question qui se pose est la suivante : qui doit organiser ces systèmes ? L’enjeu est important en termes de sécurité, puisque les connaissances disent des choses de nous-même.

Le véhicule autonome : pour une mobilité durable

Pour Mélanie Marcel, co-fondatrice et CEO de SoScience et experte dans l’Innovation Responsable, l’interrogation principale de cette nouvelle mobilité est : Comment pouvons-nous utiliser la technologie pour trouver des réponses aux enjeux environnementaux ? Le premier acteur à avoir développé le véhicule autonome est Google X Lab. Or, pour choisir leurs projets, les experts de ce Lab ont répondu à trois enjeux: le projet est en capacité de toucher plus d’un million de personnes, il a la capacité d’être rentable et a une vocation sociale ou environnementale. « Le dernier critère est difficile à remplir. Mais dans le cas de la voiture sans conducteur, le contrat est respecté : dans plus de 90 % des accidents, c’est l’erreur humaine qui est mise en cause », affirme l’experte.

Les constructeurs automobiles répondent ainsi peu à peu à des problématiques auxquelles ils n’auraient pas pensé. Selon Christian Peugeot, Président du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles, ces acteurs s’adaptent à un révolution complète. « L’autonomie des voitures va se développer pour aller vers de l’autonomie complète. Seulement, cela pose des problèmes humains plus que des problèmes de technologies », déclare-t-il. L’objectif de fond est de créer du lien dans des services partagés. L’automobile n’est plus un outil égoïste mais un outil de collaboration : « L’avenir du transport en commun, c’est l’automobile. » Ainsi, il invite les différents acteurs à collaborer pour ne pas se laisser dépasser par les GAFA :  « Ils ne créent pas des voitures, mais captent des données. Nous souhaitons que le conducteurs et les passagers soient protégés. »

Liberté des citoyens 

« Le monde de demain commence dans les usines d’aujourd’hui, avec la collaboration entre les humains et les robots », expose Alain Bensoussan, avocat spécialisé en droit des technologies avancées. Les machines sont désormais capables de prendre des décisions dans un environnement autonome. Ainsi, notamment pour le véhicule autonome, le code est la loi et la loi est le code. Le pouvoir est dans les mains de celui qui a codé et qui, par conséquent, prend la décision. Dans le monde qui se dessine, « chacun d’entre nous aura son robot et pourra l’utiliser selon ses propres aspirations, continue-t-il. Construire la collaboration homme / machine, c’est considérer que cette dernière n’est pas forcément supérieure, mais pas non plus inférieure. » La relation de proximité est déjà présente dans l’usine puisqu’ils travaillent ensemble au quotidien. Alain Bensoussan propose ainsi d’attribuer une responsabilité au robot car cet équipier est en situation d’expression d’une personnalité : « La directive machine est inapplicable au robot », conclut-il.

David Lacombled, auteur et conférencier a quant à lui lancé le think thank « la villa numeris » pour « promouvoir la culture numérique et accompagner en particulier les entreprises et les collectivités pour développer et faire connaître leurs actifs digitaux ». Selon lui, une nouvelle carte des territoires se dessine avec l’accélération des innovations. Néanmoins, dans un monde où tout va plus vite et plus loin, se pose la question du chemin parcouru. Le numérique pose aujourd’hui des questions sur les choix politiques et les propositions de services. « La puissance publique doit s’emparer de ses éléments pour proposer la plus grande des libertés à ses citoyens, affirme-t-il. Car suis-je vraiment libre dans un véhicule connecté ? Aurais-je le choix de m’arrêter sur un pont pour regarder un coucher de soleil, quand la voiture pense efficacité et rapidité ? »

Quelle stratégie adopter ?

Pour Joël de Rosnay, le monde est désormais hyper connecté et hyper mobile sur le plan de l’esprit. Dans ce contexte, il prône l’immobilité : « L’immobilité fait qu’une ville trouve le lien dans le lieu, notamment grâce au smartphone, télécommande universelle ». Si le végétal est immobile, il développe des milliers de stratégies pour survire, s’adapter à son environnement, communiquer avec ses confrères. L’homme peut faire de même. François Taddei ajoute qu’il existe trois manières de s’adapter pour un organisme vivant : muter, migrer ou modifier son environnement. Quelle stratégie adopter ? Selon le biologiste, ces dimensions sont étroitement liées.

Alain Bensoussan évoque le droit de fuir. Le GPS est pour lui le « jurassique de l’esclavage technologique ». Le danger de la nouvelle mobilité est que l’algorithme décide avant nous et à notre place. Le véhicule autonome devient également, dans la réappropriation du temps qu’il apporte, un élément d’entertainment. « Le monde de demain est un monde libéré des algorithmes », défend l’avocat. « La déconnexion est un sujet dont nous ne parlons pas assez, enchaîne Mélanie Marcel, il faut redonner du sens à nos actions. » Pour David Lacombled, trois dimensions font sens aux yeux des hommes : la relation aux autres, la réalisation d’œuvres créatives et l’élaboration d’actions qui ont un impact et nous dépassent. « Une spécificité de notre espèce est d’effectuer des aventures collectives qui individuellement n’auraient aucun sens. Nous avons une conscience qui mène à réflexion et les machines nous invitent à cette réflexion », développe-t-il.

Il estime néanmoins que tout déconnexion est impossible, mais que la connexion n’est pas un frein. Christian Peugeot conclut enfin qu’il y a un véritable besoin de mobilité physique et intelligente. Dans ce contexte, « l’automobile participera à l’avenir et à des moments positifs », considère-t-il.

Previous post

Baromètre du Tourisme Loisirs – 1ère quinzaine de juin 2017

Next post

Apple se dote à son tour d'une enceinte intelligente

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *