Home»NEXT BIG THINGS»L’eye-tracking s’invite au musée pour enrichir l’expérience de visite

L’eye-tracking s’invite au musée pour enrichir l’expérience de visite

suricog_louvre1

De novembre à décembre 2015, le Musée du Louvre a collaboré avec la startup Suricog, spécialisée dans l’eye-tracking. Dans le cadre d’une exposition, quelques chanceux ont eu l’opportunité de tester le dispositif et d’interagir autrement avec l’œuvre. Une expérimentation qui montre le potentiel de la co-création dans un contexte culturel et l’intérêt des technologies dans l’enrichissement de l’expérience de visite.

La collaboration entre le Musée du Louvre et Suricog a commencé par une rencontre fortuite lors du salon Laval Virtual en 2015, raconte Noémie Breen, Responsable des projets numériques du musée. Le projet s’est construit au fil d’une discussion avec Marc Massoneau, CEO de Suricog, une jeune société fondée en 2013 et spécialisée dans l’eye-tracking. A l’époque, l’entreprise ne travaillait pas avec des musées, mais plutôt avec des sociétés de l’aéronautique et du transport. Pourtant, le potentiel d’intégration d’une telle technologie dans le milieu culturel est vite apparu dans l’esprit des deux protagonistes. L’idée du projet était née.

L’eye-tracking comme déclencheur d’ambiance musicale

L’expérimentation a vu le jour en novembre 2015, grâce à un appel à projets organisé par la région Ile-de-France. Cette initiative a pour but de rassembler startups et institutions publiques pour faciliter l’évaluation de nouvelles technologies en milieu réel. Une cinquantaine de testeurs préalablement inscrits sur le Web ont ainsi pu tester le dispositif sur une période de trois semaines dans le cadre de l’exposition « Une brève histoire de l’avenir ». L’œuvre choisie pour tester ce nouvel outil était un papier-peint de 17 mètres issu des collections des Arts décoratifs, intitulé Les Zones terrestres. Les visiteurs étaient équipés de montures, elles-mêmes équipées d’un système d’eye-tracking relié à un boîtier. Des caméras positionnées au plafond repéraient la position des visiteurs. « Si un spectateur se trouvait devant une portion de l’œuvre et que son regard se dirigeait vers le haut, le dispositif devinait qu’il voulait interagir avec l’oiseau par exemple », explique Marc Massonneau. De là, une bande son se déclenchait dans son casque audio. Un chant d’oiseau, un feu qui crépite, des résonances de la nature, l’ambiance sonore avait pour but de compléter l’exploration visuelle en immergeant le visiteur. Une bande son imaginée par le compositeur Jean-Jacques Birgé.

suricog_louvre2

Une nouvelle interaction qui en fait oublier la technologie

« Avec cette expérimentation, nous voulions réinventer l’interaction entre le visiteur et l’œuvre sans avoir à utiliser un écran. Nous ne voulions pas de filtre », témoigne Noémie Breen. Un pari réussi puisque tous les testeurs ont suscité un réel intérêt pour le dispositif, ravis de leur expérience. « Au bout de quelques minutes, certains en oubliaient même les lunettes », se réjouit le CEO de Suricog. La technologie qui se fond dans son environnement au point de disparaître, c’est justement ce qu’il voulait : « Ce qui nous a intéressé avec ce projet culturel, c’est de devoir nous améliorer, notamment en termes d’expérience utilisateur. La Culture nous pousse à aller plus loin dans l’intégration des outils numériques pour que ce soit le plus confortable possible ».

Après l’expérimentation

Si le Musée du Louvre a été ravi de la collaboration avec Suricog, il ne prévoit pas de nouvelles expériences pour le moment. Néanmoins, « ce projet a nourri nos réflexions et recherches pour de projets futurs, notamment sur la place à accorder au son », témoigne la Responsable de projets numériques du musée. Depuis, d’autres projets numériques avec de jeunes sociétés ont été lancés, notamment la mise en place d’une application mobile fonctionnant avec des beacons.

Quant à la société Suricog, elle a notamment coopéré avec plusieurs artistes qui souhaitaient s’approprier la technologie. Au-delà du domaine culturel, l’eye-tracking possède un potentiel non négligeable dans l’interaction avec les objets. «Dans quelques années on pourra peut-être allumer la lumière seulement en la regardant », imagine Marc Massonneau. Dans un contexte de smart city et avec l’essor des objets connectés, ce scénario n’est pas impossible. Suricog œuvre également dans le domaine médical avec sa technologie Eyebrain qui permet de diagnostiquer l’Alzheimer précoce ou la maladie de Parkinson, par exemple. « L’œil est le reflet de l’état du cerveau », explique t-il. Avec sa technologie applicable à de nombreux secteurs, Suricog est intéressé par tous les projets émis par les entreprises. Qui sait, une prochaine collaboration naîtra peut-être d’une rencontre fortuite au détour d’une allée.

Previous post

Comment les mobinautes français réservent-ils leurs voyages?

Next post

Alexis et Instalocate : deux services du voyage alimentés par l'intelligence artificielle

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *