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Hease Robotics développe un robot d’accueil intelligent

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Heasy est un robot d’accueil, créé en quatre mois seulement par la startup Hease Robotics, fondée par Max Vallet, multi-entrepreneur dans la robotique et Jade Le Maître, experte pluridisciplinaire sciences et robotique. Sa capacité à fournir des informations le rend intéressant pour le secteur du Tourisme, particulièrement dans le Transport. La startup a fait sa toute première mondiale au CES de Las Vegas en janvier 2017. Désormais, elle tente de l’améliorer dans le but de le commercialiser dès l’année prochaine. 

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Jade Le Maître, CTO et Co-fondatrice de Hease Robotics.

Qu’est-ce que Hease Robotics ?

Jade Le Maître : Hease Robotics est une jeune startup lyonnaise, née en septembre dernier. Notre objectif est de fabriquer un robot d’accueil, pour des lieux recevant plus de 100 personnes par jour. Des lieux où les visiteurs sont stressés, ne veulent pas attendre, où 80 % des questions sont « Où sont les toilettes ? », « Où puis-je retirer de l’argent ? » ou bien « Où est la sortie ? ». Le robot permet ainsi de renseigner le public là où la présence humaine se fait plus rare – comme les petits gares de campagne isolées – et de diminuer le temps d’attente au guichet. Il est un complément au personnel d’accueil. Notre position éthique est claire : le robot est présent pour décharger l’humain de toute les tâches ingrates et non pour le remplacer. Quand il n’est pas capable de répondre à une question, il appelle d’ailleurs un membre du personnel via un système de téléprésence.

Comment le concept est-il né ?

Avec Max, mon associé, cela fait plusieurs années que nous naviguons dans la robotique. Il travaillait dans la location de courte durée de robots dans l’évènementiel et a constaté que ses clients demandaient de les garder sur le long terme pour sa plus value apportée à l’entreprise. Quant à moi, lors de mes projets chez Innorobo, j’ai remarqué l’émergence des robots d’accueil. J’étais partie sur la conception d’un robot compagnon dans la maison. Sauf que la maison, c’est un environnement complexe. Les lieux publics étaient plus simples et faciles d’accès, avec des étendus vastes et un flux de personnes. Nous nous connaissions depuis cinq ans et nous avons donc eu la même idée au même moment.

À quoi ressemble ce robot ?

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© Hease Robotics

Nous sommes dans la mouvance des roboticiens qui préfèrent que la forme du robot évoque sa fonction. Nous l’avons donc conçu comme une borne d’informations qui roule, un cylindre équipé d’un écran et d’une tête expressive, pour préserver un côté émotionnel. Et surtout, le tout doté d’une intelligence. Pas de bras, ni de jambes, difficiles à mettre en place et peu fiables sur le long terme. Le constat est positif : les gens vont naturellement vers le robot. Il apporte quelque chose de différent par rapport à une personne.

Le premier prototype a été créé en quatre mois. En ce moment, nous travaillons sur un second robot, acheté par la société Evotion. Entre juin et septembre, nous allons faire dix expérimentations, dix rencontres pour, on l’espère, le commercialiser dès l’année prochaine. Nous nous préparons à une industrialisation. Pour l’instant, nous nous basons sur des fonds propres, mais nous nous apprêtons à faire une levée de fond.

En quoi est-il intéressant pour les acteurs du Tourisme ?

Nos premiers clients sont les professionnels du Transport comme les gares et les aéroports ou des lieux comme les offices de Tourisme. Notre robot est fait pour désengorger ces endroits. C’est un grand plus pour tous ces acteurs, surtout que le robot est personnalisé selon le lieu. Ce type de machine existait déjà, mais elle n’était pas pensée pour les lieux publics. J’ai travaillé notamment sur Pepper. C’était un robot fermé, qu’on ne pouvait pas personnaliser. Il était trop petit – obligeant les utilisateurs à se courber – et fonctionnait par reconnaissance vocale – ce qui le rendait compliqué à utiliser, de par le bruit ambiant. Il était difficile d’avoir une interaction avec lui.  Nous avons donc conçu un robot d’1,55m, équipé d’un grand écran et d’un système sonore deux fois plus puissant.

Quels sont vos objectifs ? 

Notre objectif est d’améliorer notre robot et de l’équiper d’une technologie qui fasse sens pour nos futurs clients. Dans la robotique, soit on est comme Sony et on apporte toujours plus de technologies, de la PlayStation 4 à la PlayStation 28, soit on est comme Nintendo et on axe tout sur le fun. Nous nous voyons plutôt comme Nintendo : nous imaginons nos robots pour des usages précis. Nous les pensons comme quelque chose d’extrêmement modulaire, avec plein d’ajouts de briques technologiques. Par exemple, nous venons de signer un partenariat avec Atos Worldline, pour lui intégrer un moyen de paiement. Notre défi : avoir un robot unique pour nos clients, mais produit en série car très cher pour le moment… Un challenge que nous sommes en train de relever. 

 

 

À lire également : [Dossier] Les Balbutiements De La Robotique De Service Dans Le Tourisme.

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