Home»ACTUS»Robots de téléprésence : technologie d’avenir pour les musées ?

Robots de téléprésence : technologie d’avenir pour les musées ?

robot_telepresence
Un robot de téléprésence. © Flickr – Kārlis Dambrāns.

Le Musée de la Grande Guerre des Pays de Meaux teste actuellement un robot de téléprésence qui permet de visiter ses galeries à distance. Un visiteur en ligne peut en effet prendre son contrôle et découvrir virtuellement les collections. Une technologie qui se développe de plus en plus dans les musées, à la recherche de plus d’accessibilité.

À Meaux, au Musée de la Grande Guerre, un robot gronde à travers les visiteurs. Il permet de faire découvrir la vie militaire dans les tranchées, lors de la Première Guerre mondiale, mais à distance. Un vrai soldat français ou allemand n’aurait pas pu voir à plus de dix mètres dans les boyaux en zigzag. Mais n’importe qui peut désormais piloter ce robot d’essai, à des kilomètres de là et via Internet à travers les collections.

En 2014, début de l’expérimentation, neuf élèves d’un centre pour handicapés avaient pu contrôler le robot à distance pour visiter le musée. Ils pouvaient le déplacer, zoomer sur des objets, demander des précisions. Une visite d’un nouveau genre, qui permet ainsi à des personnes à mobilité réduite de visiter le musée, tout en restant dans leur structure d’accueil.

musee_grande_guerre_meaux
Soldat au Musée de la Grande Guerre des Pays de Meaux. © Flickr – vasse nicolas,antoine.

« L’idée n’est pas de remplacer les humains par des robots »

Depuis trois ans, c’est un consortium de six entreprises françaises qui développe ce mystérieux robot, qui ne porte pas encore de nom : le laboratoire du CNRS I3S à Nice, la société Kompaï Robotics à Bidart, Another World, l’association Approche, la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris et le Musée de la Grande Guerre « L’idée n’est pas de remplacer les humains par des robots, mais d’atteindre les gens et les visiteurs éloignés grâce à la technologie » déclarait Elena Le Gall, responsable communautaire du musée de la Grande Guerre, interrogée par le New-York Times. Car un guide, humain cette fois, l’accompagne toujours pour commenter ce que voit le visiteur.

Il s’agit pour le moment d’une expérimentation qui prendra fin en septembre 2017. L’objectif est à terme de commercialiser le robot aux musées, entre 2 000 et 3 000 euros. Pour le moment, le prototype équipé de trois ordinateurs embarqués, d’une caméra, d’un micro et d’un écran coûte 20 000 euros.

Un musée 2.0.

Le musée de la Grande Guerre des Pays de Meaux – créé à partir d’une collection privée accumulée depuis plus de 40 ans – recherche constamment de nouvelles stratégies inventives.

Des milliers d’internautes ont pu ainsi suivre, sur Facebook entre mars et mai 2013, la vie au front du poilu Léon Vivien. Les communications échangées avec sa femme étaient publiées sur le réseau social. Une façon de faire découvrir, par la même occasion, le musée : chaque post était illustré par une pièce de la collection.

Les visiteurs ont pu ensuite découvrir les champs de bataille de la Marne sous la forme d’un jeu de piste, à travers l’application gratuite Serious Game. Une malle multi-sensorielle a également été développée. Avec des contenus multimédias (films d’archives, jeux interactifs tactiles) un kit olfactif (pour sentir le tabac, le cuir, la terre), des illustrations avec mise en relief (reprenant des affiches de l’époque), elle permettait de rendre plus accessible la visite, notamment pour le public en situation de handicap.

Quand les nouvelles technologies s’invitent au musée

Ce robot meldois est le symbole des expérimentations croissantes de l’utilisation des nouvelles technologies dans les musées. Ces derniers expérimentent des robots depuis les années 1990, mais ce n’est que depuis cinq ans que de nouvelles entreprises produisent des robots de téléprésence. Ils sont exploités comme des guides électroniques pour attirer les visiteurs, surtout pendant les heures où les institutions sont fermées ou sous-utilisées.

Il y a trois ans, quatre guides humains accompagnés par quatre robots – équipés d’une caméra et d’un système sonar – ont permis de découvrir les galeries de la Tate Britain. Les internautes pouvaient visiter le musée en ligne, et ceux de minuit à cinq heures du matin. Des heures où, habituellement, le musée est fermé.

Du 17 au 27 avril 2016, les visiteurs du musée Quai Branly à Paris découvraient Berenson, un robot au chapeau melon et à la veste noire. À travers l’exposition « Persona, étrangement humain », il enregistrait dans un premier temps les réactions des visiteurs face aux œuvres via une caméra glissée dans son œil. Grâce à cela, il a ensuite été doté d’un « sens esthétique artificiel ». Il reconnaissait ainsi les sculptures qu’il aimait. Pas un guide cette fois, mais une étrange présence qui a de quoi attiser la curiosité des passants.

Les exemples sont multiples et se multiplient. Selon le cabinet d’études Wintergreen, le marché des robots de téléprésence devrait passer de 825 millions de dollars en 2015 à 7 milliards de dollars d’ici 2022.

© Photo slider : Flickr – Kārlis Dambrāns.

Previous post

10 propositions pour dynamiser le Tourisme avec le digital

Next post

La SNCF signe avec Eelway, service de conciergerie de bagages

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *