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Le rôle du virtuel dans la Culture et le Patrimoine

A l’occasion des 8ème Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) à la Cité des Sciences et de l’Industrie, TOM a assisté à une table ronde intitulée « Conservation, communication, médiation, visite… A quoi va servir le virtuel ? ». Cinq lieux de culture et de patrimoine sont venus présenter leur réalisation dans le domaine.

S’il y a un constat à faire sur cette journée de conférences et de networking, c’est que les participants représentant 160 institutions et entreprises différentes sont très au fait des casques de réalité virtuelle et augmentée. Les échanges étaient constructifs lors de la pause du midi sur les stands des jeunes pousses proposant leur solution basée sur ces technologies. Forts de ces connaissances et des rencontres avec des acteurs technologiques, les musées et lieux de patrimoine sont de plus en plus nombreux à proposer une expérience en réalité virtuelle et augmentée.

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Réalité augmentée proposée au château de Selles-sur-Cher

Le premier intervenant de la table-ronde, Nicolas Mazzesi, Propriétaire et Directeur du Château de Selles-sur-Cher, est venu présenter ses deux solutions proposés au public. Grâce à une collaboration avec la société Les chemins de Phil et Lou, il a mis au point un dispositif permettant de visualiser le château tel qu’il était au XIIe siècle ou de scanner des icônes pour déclencher du contenu via une tablette. Les visiteurs peuvent aussi tester la réalité virtuelle grâce au casque français Homido permettant aussi de revivre le passé du lieu. « Ces dispositifs nous ont permis d’exister, d’apporter du contenu supplémentaire et d’améliorer l’accessibilité du parcours de visite. Mais il faut un juste milieu. Certains visiteurs nous disent avoir aimé les outils, mais n’ont rien vu du château », explique Nicolas Mazzesi.

Le Dôme de Caen

La « jungle virtuelle » proposée au Dôme de Caen

François Millet est quant à lui venu présenter le Dôme de Caen, premier centre de sciences nouvelle génération qui a pour « vocation à changer les modes de dialogue ».  Dans ce lieu, plusieurs expérimentations sont en cours afin d’exploiter les nouvelles technologies. « Le virtuel donne accès à l’inaccessible et à l’inconcevable et génère de nouveaux comportements et interactions collectives », a déclaré François Millet pendant la table-ronde. Il y a quelques mois, le Dôme proposait d’expérimenter la « jungle virtuelle », reconstitution virtuelle du camp de recherche CNRS des Nouragues en Guyane française avec images, sons et température immersifs. Une expérience permettant de répondre à plusieurs questions telles que : quels nouveaux territoires narratifs peut-on imaginer ? Quels usages pédagogiques, cognitifs ou thérapeutiques peut-on envisager ? Quels modes de navigation et d’interactions sont alors possibles avec ce monde virtuel ?

La réalité virtuelle pour des lieux disparus ou en phase de l’être

L’exposition Sites Eternels au Grand Palais

Roei Amit, Directeur adjoint chargé du numérique et du multimédia au RMN-GP, est venu parler de l’exposition gratuite Sites Eternels qui s’est déroulée au Grand Palais du 14 décembre 2016 au 9 janvier 2017. Selon lui, il y a un phénomène d’accélération de l’adoption des technologies, comme c’est le cas avec la réalité virtuelle et augmentée donc il faut réfléchir de plus en plus rapidement à en faire des outils de médiation. C’est pourquoi l’exposition était composée d’une salle immersive de 300 mètres carrés où étaient diffusées des images 3D de quatre grands sites archéologiques en danger : l’ancienne capitale du roi Sargon à Khorsabad en Irak, le site de Palmyre, le Krak des Chevaliers et la Grande Mosquée des Omeyyades à Damas en Syrie. Une table interactive en réalité augmentée était également proposée, fonctionnant avec la technologie Tango de Google. La volonté a été de ne pas proposer de casques pour que l’expérience se vive collectivement. Même l’expérience de réalité augmentée se vivait à deux. « Même des personnes qui ne se connaissaient pas entamaient des discussions », précise Roei Amit. « Avez-vous choisi ce thème d’exposition en fonction de son potentiel numérique ? », a questionné très justement une personne du public. Même si le Directeur adjoint chargé du numérique et du multimédia au RMN-GP n’a pas répondu clairement à la question, il a tout de même affirmé : « Pour une exposition sur Palmyre, on ne pouvait pas ne pas utiliser le numérique, notamment dans une logique de reconstitution ».

Un détecteur de fantômes

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L’application Haunted Hall de la Queen’s House

Fabrice Jouvenot est Senior Experience Designer au Royal Museums of Greenwich. Il a mis au point l’application Haunted Hall dans la Maison de la Reine car des rumeurs affirment que des fantômes occupent les lieux. Toute une histoire a été créée autour du Docteur Gozer, chasseur de fantômes. A partir du mois de février, le visiteur de la Queen’s House sera invité à dégainer son application dans le Grand Hall pour les visualiser. S’il tombe nez à nez avec un fantôme, celui-ci lui racontera son histoire et sa vie vécue dans le lieu. L’application utilise ce que la startup SkyBoy appelle la « réalité superposée ». Le décor a été recréé en 3D mais réagit en fonction de l’orientation du smartphone. L’application, gratuite, a été développée pour deux raisons : proposer une expérience dans le Grand Hall qui est une pièce plutôt vide dans le musée et attirer des visiteurs avec un outil ludique et ainsi le rendre un peu plus attractif.

Une grotte high-tech

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Les expériences numériques à la Grotte de Lascaux

La dernière intervention, celle de Guillaume Colombo, Directeur d’Exploitation au Centre International d’Art Pariétal de Montignac Lascaux, a été l’occasion de présenter le travail important qui a été effectué à la Grotte de Lascaux. Le Directeur d’Exploitation a rappelé que depuis les années 1970, la Grotte n’est plus accessible au public pour des raisons de conservation. Un fac-similé a néanmoins été créé, reprenant 40% de la superficie de la grotte originale. Pour compenser le fait que la grotte ne soit plus accessible, il a fallu s’aider d’outils numériques. Le lieu est un condensé de technologies. Au moment de sa réservation sur internet, le visiteur peut renseigner ses préférences sur les parcours de visite. Une fois sur les lieux, il scanne son billet avec la mini tablette mis à disposition et celle-ci répond à ses souhaits. Tout au long de la visite, il pourra accéder à une salle de cinéma 3D, à un mur digital d’œuvres choisies par les visiteurs eux-mêmes, à de grandes tablettes tactiles, à de la réalité augmentée et à de la réalité virtuelle pour se promener dans la grotte originelle, à un mur calculant l’impact CO2 d’un visiteur dans la « vraie » grotte, etc. En tout, 50 expériences sont proposées, mais elles ne reposent pas toutes sur le digital. Le site a également travaillé la post-visite puisque le visiteur peut retrouver les photos prises sur place ainsi que les expériences proposées. « Nous réfléchissons également à l’élaboration d’un forum qui permettrait de laisser des feedbacks », a conclu Guillaume Colombo.

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5 Comments

  1. 27 janvier 2017 at 8 h 50 min — Répondre

    […] Travel On Move  […]

  2. 27 janvier 2017 at 14 h 34 min — Répondre

    […] Travel On Move  […]

  3. […] Culture, patrimoine et tourisme : la tendance 2017 est clairement la réalité virtuelle : « le rôle du virtuel dans la culture et le patrimoine ». […]

  4. 30 janvier 2017 at 11 h 47 min — Répondre

    […] A l’occasion des 8ème Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) à la Cité des Sciences et de l’Industrie, TOM a assisté à une table ronde intitulée « Conservation, communication, médiation, visite… A quoi va servir le virtuel ? ». Cinq lieux de culture et de patrimoine sont venus présenter leur réalisation dans le domaine.  […]

  5. 31 janvier 2017 at 15 h 03 min — Répondre

    […] A l’occasion des 8e Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) à la Cité des Sciences et de l’Industrie, TOM a assisté à une table ronde intitulée « Conservation, communication, médiation, visite… A quoi va servir le virtuel ? ». Cinq lieux de culture et de patrimoine sont venus présenter leur réalisation dans le domaine.  […]

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