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Le Yale Center for British Art mise sur l’open content

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A l’occasion des 8èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) à la Cité des sciences et de l’industrie, TOM a assisté au retour d’expérience du Yale Center for British Art sur l’open content qui consiste à partager en libre accès ses informations.

Emmanuelle Delmas-Glass est Manager des données des collections du Yale Center for British Art (YCBA). Preuve que le musée a déjà une longueur d’avance sur d’autres établissements. Nommer une personne en charge des données dans un musée est une petite révolution en soi. Pas étonnant donc qu’elle vienne expliquer à l’assistance des Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) l’intérêt d’ouvrir ses données. Le musée, qui abrite la collection la plus complète d’art britannique en dehors du Royaume-Uni, a une stratégie numérique qui a pour but de faciliter l’accès aux collections. Il a donc une politique de libre accès, des normes et protocoles techniques ouverts favorisant l’échange de données, un code source ouvert et utilise le Web sémantique. Sur le site « Yale Digital Collections Center », les internautes et sociétés peuvent ainsi accéder à du contenu sans autorisation, gratuitement et pour une réutilisation commerciale s’ils le souhaitent. « Si une de nos œuvres est reproduite pour en faire un rideau de douche, autant que ce soit de bonne qualité », a plaisanté  Emmanuelle Delmas-Glass.

Aujourd’hui, le YCBA propose environ 200,000 images libres de droits en ligne dont 70,400 en haute définition. Le musée utilise l’initiative IIIF qui fournit un cadre technique de mise en interopérabilité des entrepôts d’images. Le YCBA se sert également du standard CIDOC-CRM, dont l’explication est un peu technique : il s’agit d’un standard aidant à intégrer l’information culturelle issue de différentes sources dans un seul environnement. On peut y poser des questions plus étendues que celles que l’on peut poser individuellement à différents ensembles d’information séparés. Les utilisateurs peuvent ainsi comparer les œuvres du Yale Center for British Art avec des œuvres d’autres musées par exemple. L’enjeu est donc de mettre en ligne des données plus structurées afin qu’elles soient interconnectées avec les données d’autres musées pour devenir plus utiles, c’est ce qu’on appelle le « Linked Open Data ».

Un concours de réutilisation des données

La Manager des données des collections a donné l’exemple du Rijksmuseum d’Amsterdam qui a lancé le concours Rijksstudio Award afin d’élire la meilleure réutilisation d’une œuvre. N’importe quelle personne inspirée peut accéder en libre accès aux collections du musée et réutiliser une œuvre sous n’importe quelle forme : design, arts appliqués, mode, photographie, vidéo… Le gagnant remportera au mois d’avril un joli chèque de 10 000 euros.

Selon Emmanuelle Delmas-Glass, cette ouverture est primordiale pour générer des retours positifs car elle répond au besoin des internautes aujourd’hui, celui d’avoir accès à des ressources numérisées facilement. Elle est aussi un gain de temps pour l’équipe du musée qui n’a plus besoin de répondre individuellement à chaque demande.

A la fin de son intervention, elle a présenté une citation de Dominic Oldman, Conservateur principal du British Museum et Directeur de ResearchSpace : «Il se produit quelque chose de très important qui pourrait révolutionner la façon dont les organisations culturelles et artistiques collaborent. Il ne s’agit pas d’agrégations massives et de portails à l’échelle industrielle. Il s’agit plutôt d’un changement de culture et de direction pour les organisations individuelles qui veulent s’engager directement avec Internet comme un outil pour partager et développer notre compréhension et notre connaissance du monde ».

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