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Les tendances et innovations dans les musées et lieux de patrimoine

Il y a quelques jours se sont déroulées les 8èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) à la Cité des sciences et de l’industrie. Un des premiers temps forts de cette journée de conférences et networking a été le cahier des tendances 2016 présenté par Pierre-Yves Lochon, organisateur de l’évènement.

350 personnes représentant 160 institutions et entreprises différentes ont participé à cette 8e édition des RNCI, évènement ayant pour but de réunir les acteurs de la Culture et du Patrimoine afin de réfléchir aux nouveaux enjeux technologiques et aux mutations de leurs métiers. Fort de ses observations grâce son site d’informations et de son travail avec ces professionnels, Pierre-Yves Lochon a présenté le cahier des tendances 2016 sur l’innovation dans les musées et lieux de patrimoine.

La première tendance de l’année écoulée est le co-commissariat. En 2016, 6 projets ont vu le jour en France et en Pologne et ont permis à des visiteurs ou des étudiants de choisir les œuvres à exposer. Ce fut par exemple le cas au Musée de Beaux-Arts de Rouen ou au Musée National de Varsovie.

La deuxième tendance est le financement participatif qui permet surtout de réunir des fonds pour la rénovation des lieux ou la restauration d’œuvres. Au terme de l’année 2016, 73 campagnes ont été réalisées en France et 885 896€ ont été collectés. Un montant qui a augmenté de 63,8% en un an. Par exemple, la campagne qui a réalisé la plus forte collecte est l’opération « Soyez la bonne étoile  de Saint-Germain-des-Près » qui a permis de récolter 133 315€ en ligne, soit 444% du montant initial demandé. Il s’agissait de faire un appel au don pour soutenir la rénovation de l’église Saint-Germain-des-Prés. L’internaute, en soutenant financièrement le projet, pouvait donner son nom à l’une des étoiles qui ornent le plafond de l’édifice.

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Le plafond de l’église de de Saint-Germain-des-Près

La troisième tendance est la réinterprétation des œuvres. Par exemple, le musée Salvador Dali situé en Floride a proposé une expérience immersive grâce à la réalité virtuelle qui permettait d’être immergé en 3D dans certaines œuvres de l’artiste.  Les musées de la Ville de Paris ont eux fait appel à des instagrameurs afin de réinterpréter en photos 10 œuvres célèbres. Le Louvre a invité des Youtubeurs entre ses murs et les archives nationales américaines mettent en ligne leurs images emblématiques sous forme de gifs. Le Musée d’Orsay, lui, a fait appel aux artistes numériques suisses Plonk & Replonk afin de partager des versions décalées de quelques œuvres.

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Autre exemple de réinterprétation non commanditée par un musée :

La quatrième tendance est la Chine en tant que nouvel eldorado des musées. Pierre-Yves Lochon a rappelé que la Chine, c’est 1.4 milliard d’habitants et 600 millions d’internautes (dont 70% de mobinautes). Les Européens et Français commencent à comprendre l’intérêt de les attirer en France mais surtout d’exporter les œuvres dans le pays. La RMN a par exemple réalisé une exposition Monet à Hong Kong. Le Van Gogh Museum d’Amsterdam a lancé à Pékin la tournée de son exposition  immersive itinérante « Meet Vincent Van Gogh ». Les musées français sont de plus en plus présents sur les réseaux sociaux chinois Weibo et Wechat. D’ailleurs, Le Louvre et Orsay sont les deux musées non chinois les plus puissants sur les deux plateformes en nombre d’abonnés (plus de 120 000) et par l’audience des posts. Autre exemple de cette collaboration entre musées et la Chine : Alibaba va aider le British Museum à vendre ses produits dérivés en Chine sur le Web et dans des boutiques propres.

La cinquième tendance est la mutualisation entre musées et institutions. Par exemple, les cartels numériques du Pavillon de l’horloge ont été développés conjointement par le musée du Louvre et le CMN.

Sixième tendance, la collaboration avec des startups. La plupart du temps, elles sont intégrées via des appels à projet gouvernementaux ou des projets patrimoniaux comme ce fut le cas à la Cité des Civilisations du Vin, à la Conciergerie ou au Palais des Beaux Arts de Lille.

Enfin, la dernière tendance est le virtuel, que ce soit à travers la réalité virtuelle ou augmentée. Ces outils peuvent être utilisés comme outil de médiation pour redécouvrir des lieux à une autre époque ou détruits, comme outil de visite à distance, comme objet d’exposition ou comme prolongement d’exposition. Plusieurs dispositifs ont été installés comme au Grand Palais lors de l’exposition immersive « Sites éternels » afin de faire revivre des sites archéologiques en danger ou à la Conciergerie où l’Histopad plonge le visiteur dans l’histoire de la Révolution française ou médiévale.

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