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L’essor du numérique dans le tourisme culturel

Brice Duthion, Pascal Keiser, Giulia Garatto, Martijn Pronk, Carl de Poncins et Linda Lainé

Les Rencontres du tourisme culturel, journée de conférences ayant pour vocation à connecter les professionnels du Tourisme et de la Culture, se sont déroulées vendredi dernier. En fin de journée, une table-ronde intitulée « Tourisme culturel et culture numérique » avait pour objet l’essor du numérique dans les deux secteurs.

Après avoir réfléchi aux différentes synergies entre Tourisme et Culture et sur les manières dont les deux mondes pouvaient collaborer, la dernière table-ronde s’est davantage focalisée sur le rôle du numérique dans ce rapprochement. Animée par Linda Lainé, rédactrice en chef de l’Echo Touristique, la conférence a commencé par un état des lieux de Brice Duthion, Maître de conférences au Cnam : « La cohabitation entre Tourisme et Culture est nouvelle. Le numérique les a poussé à se rapprocher. Par exemple, il n’y avait pas d’iPhone il y a 10 ans. Les outils évoluent vite et avec eux les relations entre les deux secteurs ». Mais il y a un autre facteur qui explique ce rapprochement selon lui et il est plutôt économique : « Il y a quelque années, les lieux culturels n’avaient rien à faire pour attirer les visiteurs, ils venaient d’eux-mêmes. Aujourd’hui les choses ont changé et il faut démontrer sa valeur. Cela peut passer par l’aide d’agrégateurs, comme Voyages-Sncf ou Accor, mais ils n’ont pas autant de rayonnement que les acteurs internationaux ».

Selon Carl de Poncins, Co-fondateur de la startup Theatre in Paris, les deux secteurs se sont toujours côtoyés. Le lieu qui représente bien cette cohabitation est le Moulin Rouge à Paris par exemple, « qui répond aux besoins des clients et possède un bon design de service ». Une idée complétée par Pascal Keiser, Coordinateur général de French Tech Culture, qui considère que le secteur de la Culture commence seulement à s’intéresser réellement aux besoins de leurs clients : « Les lieux culturels n’ont plus le choix, ils commencent à se poser des questions ».

Comment (bien) utiliser le numérique ?

Brice Duthion a ensuite expliqué comment le digital pouvait profiter au tourisme culturel. Selon lui, il y a eu trois phases poussées par l’arrivée du numérique : la médiation, l’expérience/l’immersion et désormais la collaboration. Il faut selon lui développer des marques bien identifiées. « Regardez ce que l’Allemagne fait avec la Bavière, l’Autriche autour du tourisme créatif ou Londres avec les JO. Il faut mettre en place des stratégies marketing de destination touristique », a-t-il lancé.

L’application GéoCulture qui permet de découvrir le territoire du Limousin par le biais d’œuvres d’artistes semble aller dans ce sens. Le service culturel numérique, cofinancé par la Région Nouvelle-Aquitaine, le ministère de la Culture et de la Communication et l’Union européenne, veut rassembler et géolocaliser les représentations artistiques en lien avec la région.

Pour Carl de Poncins, il est important que les touristes puissent profiter d’un carnet de voyage avec toutes leurs activités intégrées. « Mais le problème, c’est que les sites culturels ne veulent pas passer par des distributeurs, de peur de dévaloriser leurs créations », déplore t-il. Exit donc les Viator, TripAdvisor et consorts pour la plupart de sites culturels. Et il les comprend : « Aujourd’hui, ce sont toujours les blockbusters qui sont mis en avant par les distributeurs, ce qui ne permet pas de découvrir de nouvelles choses peut-être moins connues. Le système de notation aussi n’est pas très fiable car nous n’avons pas tous les mêmes goûts », a-t-il déclaré. Il a ensuite utilisé une jolie phrase pour décrire ce cercle vicieux qui met toujours en avant les mêmes acteurs : « On est toujours curieux de ce que l’on connaît déjà ».

L’enjeu est donc de créer des marques. Pascal Keiser a d’ailleurs donné un exemple parlant : « Aujourd’hui, les restaurants et autres lieux qui sont en haut des pages des moteurs de recherche ne sont pas forcément les meilleurs. Ils sont là car ils travaillent avec une agence de marketing. Les règles peuvent changer à condition d’avoir des compétences et de créer des champions nationaux pour contrer des sites comme TripAdvisor », explique t-il. L’idée a d’ailleurs été évoquée dans une table-ronde précédente par Pascale Lambert, Directrice de Côte-d’Or Tourisme : « Nous avons un retard phénoménal. Il va falloir apprendre aux lieux culturels à penser e-reputation, fidélisation et relation client ».

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2 Comments

  1. 19 décembre 2016 at 13 h 38 min — Répondre

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  2. 20 décembre 2016 at 10 h 28 min — Répondre

    […] Travel On Move  […]

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