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Marketing Day: Carlos Diaz fait le bilan sur les tendances technologiques de la Silicon Valley

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Carlos Diaz, co-fondateur de The Refiners au Marketing day

Lors du Marketing Day qui a eu lieu le 15 novembre dernier, Carlos Diaz, co-fondateur de The Refiners, a pu faire le bilan des nouvelles technologies en vogue dans le Silicon Valley. Le berceau des nouvelles technologies poursuit sa rĂ©volution, plein de projets pour l’avenir des consommateurs. L’entrepreneur prĂ©cise nĂ©anmoins que ces innovations se doivent de prendre en compte le plus grand nombre plutĂ´t que de s’adresser uniquement aux Ă©lites.

Le XXIe siècle est l’ère de l’image. Elles sont partout, Ă  la TV, sur nos tĂ©lĂ©phones et dans la rue. Elles se veulent informatives ou ludiques, mais sont, quoi qu’il arrive, utiles Ă  la vente ou Ă  la promotion d’un produit. RĂ©cemment, plusieurs marques s’intĂ©ressent mĂŞme Ă  l’émotion que les images dĂ©gagent afin d’amĂ©liorer l’approche marketing. Une nouvelle forme de communication, sans texte, a pu se dĂ©velopper. « Les nouvelles gĂ©nĂ©rations ont inventĂ© un dialogue et une nouvelle forme de communication. Un langage qui est visuel que ce soit sur Instagram, Twitter ou Facebook », affirme Carlos Diaz.
À l’image s’ajoute aujourd’hui le son. La voix prend de plus en plus de place dans les nouvelles solutions proposées par les startups de la Silicon Valley. Le développement rapide de ces nouvelles technologies demande aux entrepreneurs une adaptabilité permanente. Cependant, selon Carlos Diaz, avant même d’avoir été totalement au point, la solution « voix » pourrait rapidement laissé place à la solution « cerveau ».« On est aujourd’hui sur la voix comme élément de communication et sur la conversation comme élément d’interface. La prochaine interface qui arrive, c’est le cerveau. Vous allez être capables de commander vos appareils grâce à ça. Une startup développe d’ailleurs à San Francisco une solution qui nous permettra d’être capable de décrocher notre téléphone simplement par la pensée. »
Au vu des nouveaux outils imaginĂ©s par ces sociĂ©tĂ©s, le tactile tend Ă  perdre sa place. « On va passer de plus en plus Ă  des interfaces auditives ou Ă  base de speech recognition. Echo de Amazon, par exemple, est un carton monumental, poursuit Carlos Diaz. Il n’y a plus d’interfaces, ni d’application. C’est assez magique de voir ces nouvelles interfaces arriver. Le tĂ©lĂ©phone crĂ©e de plus en plus de distance entre les gens car ils sont complètement sur leurs Ă©crans. Dans la Silicon Valley, beaucoup d’entreprises cherchent Ă  abolir cette interface qui crĂ©e de la distance sociale. Elles veulent crĂ©er de nouvelles formes. Peut-ĂŞtre que demain, ce sera le cerveau. » De plus, il devient compliquĂ© d’Ă©merger parmi les offres d’applications disponibles pour le consommateur. « Pour des start-ups qui aujourd’hui veulent crĂ©er une app, c’est très difficile de remonter Ă  la surface », confirme Carlos Diaz.

L’importance de la Data

La Data est l’élĂ©ment dĂ©terminant pour la rĂ©ussite d’un projet d’entreprise. Celle-ci doit ĂŞtre capable de la collecter et de la maĂ®triser efficacement. « C’est vraiment le nouveau carburant de l’entreprise », dĂ©clare Carlos Diaz. Selon lui, la data doit ĂŞtre utilisĂ©e en tant d’élĂ©ments dĂ©fensifs dans les campagnes marketing. « Personne ne peut crĂ©er un rĂ©seau social comme Facebook. Non pas parce qu’on n’a pas la technologie, non pas parce qu’on a pas les logiciels, mais parce qu’aujourd’hui la data accumulĂ©e par Facebook leur permet d’avoir une sorte de rempart » que personne ne peut concurrencer. D’autres exemples notables ont pu ĂŞtre relevĂ©s. Microsoft, par exemple, vient de racheter LinkedIn. Pour Carlos Diaz « ce qu’ils viennent d’acheter, c’est un gisement de donnĂ©es absolument incroyable ».

Déplacements et paiements optimisés

Les startups californiennes sortent de leur zone de confort pour Ă©largir leur potentiel d’action. Les constructeurs automobiles se doivent de repenser leurs produits et leurs stratĂ©gies. « La Silicon Valley sort de son champ simplement technologique et digital pour s’attaquer Ă  d’autres industries. La première sur laquelle elle a dĂ©cidĂ© de mettre le paquet est l’automobile. Les 3 sociĂ©tĂ©s qui innovent le plus aujourd’hui dans l’automobile sont Uber, Tesla et Google. C’est gens ne connaissaient rien Ă  l’automobile il y a 20 ans et ils ont dĂ©cidĂ© d’investir dans ce segment », ajoute le co-fondateur de The Refiners. Par ailleurs, l’engagement de ces sociĂ©tĂ©s dans l’automobile est extrĂŞmement offensif. L’exemple Ă©voquĂ© est celui du model 3 de Tesla : « Ils prĂ©sentent une voiture qui n’existe pas, ils ne savent mĂŞme pas quand est-ce qu’ils vont pouvoir la livrer et ils proposent de la prĂ©-commander. Ils font 276 000 prĂ©commandes en l’espace de 72h. Ils font entrer 276 millions de dollars dans les caisses de Tesla en 72h. Ils valorisent et revalorisent la sociĂ©tĂ© Ă  10 milliards de dollars sous l’espace de 72h. On n’a jamais vu ça. »

Les rĂ©volutions technologiques dans le domaine de l’automobile permettent de repenser le dĂ©veloppement urbain et donc touristique. Ă€ San Francisco, Uber poursuit sa petite rĂ©volution grâce Ă  sa voiture autonome. « Tout le monde a dit qu’Uber voulait concurrencer le marchĂ© des taxis. Uber n’en a rien strictement rien Ă  faire du marchĂ© du taxi, ce n’est qu’un dommage collatĂ©ral », conitue Carlos Diaz. Le CEO d’Uber aurait rĂ©cemment dit vouloir « se dĂ©barrasser des 1 million de drivers ». Pourquoi ? « Quand on regarde le prix d’une course, ce n’est pas la voiture qui coĂ»te cher, ce n’est pas l’essence qui coĂ»te cher, ce qui coĂ»te cher, c’est le conducteur. Uber travaille sur l’Ă©laboration d’une voiture autonome. Quand vous ĂŞtes Ă  San Francisco, vous en voyez partout dans la ville. C’est une question de quelques annĂ©es. Le jour oĂą Uber a sa voiture autonome fonctionnelle, le prix de la course sera divisĂ© par 5. La course que vous payez aujourd’hui 15 dollars, demain, vous la paierai 3 dollars. Ă€ ce moment lĂ  prĂ©cis, lorsque la course sera Ă  3 dollars, c’est-Ă -dire proche du prix des transports en communs, vous allez vous poser la question de la propriĂ©tĂ© de votre voiture. C’est ça l’objectif in fine de Uber. Ce n’est pas de remplacer les taxis »,  rĂ©pond Carlos Diaz. « Ils sont en train de prendre un marchĂ© Ă  coups de centaines et de centaines de milliards de dollars. Ils ont aujourd’hui 83 % du marchĂ©. Quand vous avez 83 % du marchĂ© et que vous ĂŞtes capables de sortir une voiture autonome, c’est fini, c’est pliĂ© ! Winner takes all! Et c’est exactement ce qui est en train de se passer aujourd’hui avec Uber », conclut-il. En outre, la sociĂ©tĂ© vient de racheter la startup Otto. Celle-ci a pu dĂ©velopper une solution capable de s’intĂ©grer Ă  n’importe quel camion pour le rendre autonome. Ils ont pu faire leur première livraison avec succès. Uber dĂ©veloppe ainsi sa technologie Ă  tous les types de vĂ©hicules.

Retombées sociales

Carlos Diaz rappelle que ces technologies ne s’adressent qu’à une petite part de la population. Le progrès technologique ne s’accompagne pas toujours de progrès social. Au contraire, il peut parfois contribuer Ă  creuser l’Ă©cart dĂ©jĂ  existant dans les pays dĂ©veloppĂ©s. « On doit ĂŞtre conscient de la responsabilitĂ© qui est la nĂ´tre dans cette nouvelle Ă©conomie. La rĂ©alitĂ© s’est rappelĂ©e Ă  nous, en tout cas aux Etats-Unis. Les gens qui ont votĂ© Trump n’ont pas un iPhone 7, ne prennent pas un Uber pour aller au travail, ne font pas leurs courses sur Instacart. Ce mur dont Trump parle, c’est peu ĂŞtre nous qui l’avons dĂ©jĂ  construit avec cette AmĂ©rique qu’on ne veut pas voir depuis dĂ©jĂ  des annĂ©es. Et cette AmĂ©rique qu’on ne voulait pas voir est bien plus nombreuse que nous. ».

L’exemple d’Airbnb a Ă©galement pu ĂŞtre exposĂ© par le co-fondateur de The Refiners. « Airbnb est une catastrophe Ă  San Francisco, involontairement. Des gens ont prĂ©fĂ©rĂ© foutre dehors tout un tas de personnes qui vivaient dans des petits appartements. Il s’agissait de gens qui Ă©taient dans des micro familles avec très peu de revenus. Les propriĂ©taires ont prĂ©fĂ©rĂ© rĂ©nover ça pour louer ces appartements sur Airbnb. On voit cette catastrophe sociale.».Carlos Diaz rappelle donc Ă  toutes les start-ups, Ă  tous les entrepreneurs et Ă  toutes les sociĂ©tĂ©s en règle gĂ©nĂ©rale, que « les technologies qu’on dĂ©veloppe aujourd’hui doivent se mettre au service du plus grand nombre et pas simplement d’une Ă©lite ».

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