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Tour d’horizon des innovations futures dans le Tourisme

Martin Cowen, Alex Bainbridge, Emre Mangir et Stephen Abram
Martin Cowen, Alex Bainbridge, Emre Mangir et Stephen Abram

Dans le cadre du Business Travel Show à Londres, un salon important dédié au voyage d’affaires, un autre évènement à l’étage supérieur a réuni sociétés technologiques et startups innovantes le 24 et 25 février : le Travel Technology Europe. Pour finir la première journée, une table ronde prospective s’est interrogée sur le futur de l’industrie.

Pour commencer la table ronde, Martin Cowen, journaliste pour Tnooz, a demandé aux intervenants quelle était leur vision du Tourisme en 2025. « Nous ne sommes même pas capables de prévoir ce qui va bouleverser le secteur un an à l’avance, alors 10 ans à l’avance ! Personne ne se doutait de l’arrivée d’Uber ou d’Airbnb », a déclaré Emre Mangir, COO chez Mozio, spécialisé dans le transport porte à porte, avant d’ajouter « Je pense que nous ne connaissons pas encore les sociétés qui seront les plus importantes en 2025. Peut-être même qu’elles n’existent pas aujourd’hui ! Il y a de grandes chances qu’elles nous viennent d’Inde ou de Chine ». Stephen Abram, Chief Client Officer chez The Bio Agency, spécialisée dans la stratégie digitale, est lui plus terre à terre : « Dans 10 ans, l’attention portée au client sera encore plus forte. Il y aura plus de personnalisation et plus de réactivité de la part des professionnels ».

Créer un besoin plutôt que de l’anticiper

« Je ne sais pas vous, mais moi je suis fatigué de recevoir des publicités à propos de Bali parce que je viens d’y aller il y a une semaine. Je veux que les marques anticipent mes besoins », a poursuivi Martin Cowen pour lancer la discussion sur la personnalisation du futur. Un avis partagé par Alex Bainbridge, Managin Director chez TourCMS qui propose des solutions en SaaS et de la création de contenu. Selon lui, le problème vient d’un constat tout simple : les gens ne voyagent pas si souvent que ça et de ce fait il est difficile de connaître toutes leurs habitudes et anticiper leurs besoins. « Il faut arrêter de se contenter des informations récoltées durant le voyage. Il faut regarder leurs activités lorsqu’ils ne sont pas en vacances, où vont-ils au théâtre, quel contenu ils partagent sur les réseaux sociaux. Ce qu’ils font de leur temps libre en somme. Je ne pense pas que la solution soit forcément d’anticiper les besoins, la solution est de mettre des idées dans la tête, de créer une envie qui ne s’était même pas manifestée dans les esprits », a-t-il expliqué. Un discours qui rappelle celui d’Oorace qui parle de sérendipité, la rencontre fortuite avec une information.

Selon Stephen Abram c’est l’émotion qui joue un rôle important. La reconnaissance automatique devrait donc aider les acteurs du Tourisme à améliorer l’expérience des visiteurs ou des voyageurs à travers la reconnaissance faciale ou les bracelets connectés comme le Magic Band par exemple.

La plus grande problématique liée à la personnalisation est la récolte des données sur les voyageurs. C’est pourquoi Alex Bainbridge pense qu’il faudrait une plateforme semblable à Facebook qui permettrait aux acteurs du Tourisme de s’échanger leurs données sur les voyageurs.

Le rôle de l’intelligence artificielle

Au fil des discussions, les réflexions se sont portées sur l’intelligence artificielle et sur l’importance qu’elle aura ou non dans le Tourisme en 2025. Selon Alex Bainbridge, elle sera présente à travers les recommandations poussées aux clients. La capacité à implanter des idées dans l’esprit des voyageurs, comme expliqué plus haut, pourrait se faire automatiquement grâce à cette technologie. « Il ne faut pas oublier que l’intelligence artificielle existe grâce aux données. Pour être intelligente il faut qu’une machine apprenne. Il faudra d’abord faire un gros travail de récolte de données », a poursuivi Emre Mangir. Pour Stephen Abram il ne faudra donc pas se contenter du Big Data, mais de faire de la Smart Data, c’est-à-dire réaliser un traitement des données en ne récoltant que les informations les plus pertinentes. L’intelligence artificielle pourra permettre aussi de traduire des menus en temps réel par exemple. Il ne s’agira pas de mettre au point des services révolutionnaires mais malins selon lui.

L’innovation dans les aéroports

Avant de réfléchir aux problématiques autour de l’aéroport du futur, Alex Bainbridge a relevé un fait plutôt amusant : « Les avions auront toujours du retard au niveau innovation, puisqu’ils sont toujours livrés 10 ans après avoir été commandés ». Difficile d’être à la pointe de la technologie dans ces conditions. Selon lui, la technologie ne permettra jamais de supprimer les queues interminables à l’aéroport, car les questions de sécurité sont trop importantes. En revanche, la technologie permettra de changer la perception que l’on aura de la queue, grâce à des dispositifs de divertissement. Une opinion modérée par le journaliste de Tnooz : « On peut quand même faire le check-in grâce au NFC ou au Bluetooth et cela va plus vite ».

Selon Emre Mangir, les moyens de sécurité n’ont pas vraiment évolué depuis 2011. Les gens sont plus vigilants, mais aucun nouveau dispositif technologique n’a été implanté dans les aéroports. « Dans 10 ans ces problématiques n’auront peut-être plus lieu, car si ça se trouve, il n’y aura plus d’aéroports », a-t-il avancé. En tout cas, si innovation il y a selon Alex Bainbridge, il faut qu’elle s’adresse à tout le monde : « On oublie souvent que Uber et Airbnb sont des services innovants, mais pour des jeunes en pleine santé. On ne pense pas aux problèmes des personnes plus âgées, qui ne peuvent pas trop marcher pour aller rejoindre leur voiture ou aux marches surprises d’une location Airbnb ».

La table ronde s’est conclue sur une rapide évocation des objets connectés qui a vite fait le constat de la situation aujourd’hui : la technologie est bien présente, mais l’envie des voyageurs, elle, non. Il faudra donc attendre quelques années avant d’assister à une démocratisation.

Illustration d’ouverture : Fotolia – Sentavio

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2 Comments

  1. […] Travel On Move  […]

  2. aurelien@memotrips.com'
    21 avril 2016 at 21 h 16 min — Répondre

    Replacer l’humain au centre. Ca c’est une innovation, même si elle semble basique.
    A l’heure où nous allons nous renseigner sur les forums, acheter des billets sur des comparateurs et réserver nos hôtels sur Booking … seul devant son PC.

    … et si en plus l’agence de voyage pouvait rester en contact avec le voyageur pendant son voyage, pour recueillir son avis et lui proposer des upsells.

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