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GBTA invite le secteur du voyage d’affaires à s’emparer de l’innovation

La plus importante organisation mondiale spécialisée dans le Voyage d’Affaires et les Meetings, GBTA (Global Business Travel Association), rassemble plus de 7 000 membres à travers le globe et environ 180 en France. L’antenne française, ouverte il y a 3 ans et présidée par Véra Strezyk depuis 2015, a créé une commission visant à vulgariser l’innovation auprès des membres et à accompagner les nouveaux entrants. Echange avec Aurélie Krau, Operations Manager chez GBTA France, et Jessica Lopes, membre du comité consultatif.

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Aurélie Krau, Operations Manager chez GBTA France

Quelle est la vocation de GBTA France ?

Aurélie Krau : GBTA rassemble tous les acteurs de la chaîne de valeur du voyage d’affaires : les acheteurs, les travel managers, les transporteurs, les hôteliers, les agences de voyages, les consultants, etc. Nous les réunissons autour d’événements tels que des tables-rondes organisées par nos soins pour qu’ils puissent échanger sur des sujets liés à leurs problématiques et partager leurs best practices notamment. Nous publions également des ressources en français comme des études, livres blancs ou encore des modèles d’appel d’offres qui ont pour vocation d’aider les acheteurs dans leur quotidien. Ces ressources sont disponibles sur le Hub GBTA, notre plateforme mondiale qui est une véritable mine d’informations.

Votre association est dotée d’une commission intitulée « Innovation et Veille Technologique ». Quel est son rôle ?

Aurélie Krau : Nous donnons une lecture à tous nos membres et partenaires des innovations ayant trait au monde du Voyage d’affaires et des Meetings au sens large, qu’il s’agisse de produits ou de services. La technologie est désormais omniprésente donc il convient de la décrypter. Nous aidons donc nos membres à comprendre les nouveaux enjeux et avons pour vocation à aider nos acheteurs membres  à mieux anticiper leurs appels d’offres. Chez GBTA France, nous comptons également des partenaires startups qui font partie des nouveaux entrants bousculant quelque peu le marché et les modèles économiques. Nous aidons nos partenaires jeunes pousses à comprendre les problématiques du Business Travel et du MICE, à identifier les différents acteurs et les interactions qu’ils ont les uns avec les autres. Il y a des codes et des processus particuliers qu’il est indispensable de maîtriser pour s’implémenter dans notre industrie.

Jessica Lopes : En parallèle, nous faisons du coaching de startup comme ce fut le cas pour Optionizr, qui a remporté le vote de l’audience à l’occasion de pitchs de start-ups dans le cadre de la première rencontre de notre Commission Innovation organisée le 13 octobre dernier au Welcome City Lab sur le thème ‘Ces nouveaux entrants qui bousculent le marché du Voyage d’affaires’. Leur concept est intéressant et le champ d’action est très large, mais nous avons soulevé des problématiques auxquelles ils vont devoir s’adapter. Certaines jeunes pousses, souvent issues du voyage Loisirs, ont vocation à s’adresser au monde du Voyage d’affaires mais ne connaissent pas toujours les particularités de notre secteur et les attentes des entreprises.

La mission première de cette commission est donc de vulgariser l’innovation pour aider vos membres à l’intégrer ?

Jessica Lopes : En effet, l’idée est d’encourager les acheteurs et travel managers à sortir des sentiers battus. Pourquoi est-ce qu’un grand compte, dont les processus sont souvent « rigides », ne travaillerait pas avec une start-up ? Dans l’ensemble, les grandes entreprises n’ont pas cette culture qui les pousse à aller à la rencontre de l’innovation. On essaie de leur donner une impulsion pour qu’elles soient moins attentistes et plus pionnières.

Aurélie Krau : Oui, nous souhaitons aider les acheteurs à sortir de leur ‘carcan’ en attirant leur attention sur les nouvelles tendances, la valeur ajoutée de certaines startups, sur des entreprises avec qui ils n’ont pas l’habitude de travailler mais aussi sur des fournisseurs connus de l’écosystème qui sortent régulièrement de nouveaux produits. Le voyage d’affaires est un secteur très structuré, la technologie ne fait pas toujours partie des compétences des acheteurs donc il faut faire preuve de pédagogie.

Ressentez-vous une appétence de la part des acteurs du voyage d’affaires pour les nouvelles technologies ou une plutôt une défiance ?

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Jessica Lopes, membre du comité consultatif de GBTA France

Aurélie Krau : Notre démarche a été très chaleureusement accueillie car c’est un monde qu’ils ne connaissaient pas. Suite à la table-ronde de startups que l’on a par exemple organisée en octobre dernier au Welcome City Lab, plusieurs membres nous ont demandés les contacts des intervenants du panel. Bien entendu, faire changer les habitudes demande du temps et il faut que cet intérêt nouveau se généralise.

Jessica Lopes : De nombreux acheteurs sont en fonction depuis de nombreuses années et beaucoup ont tendance à se conforter dans ce qui est acquis et bien en place. L’habitude est un frein à l’intégration des nouveaux services. Cependant, j’ai le sentiment que l’image de la grande entreprise totalement immobile tend à changer. Avec de l’énergie et de la volonté, elles peuvent faire l’effort de tester de nouveaux produits ou services.

Le voyage d’affaires est-il plus ou moins avancé que le Loisirs en matière de technologie ?

Aurélie Krau : Le voyage d’affaires s’est inspiré du secteur du Loisir en matière d’innovations technologiques au niveau de l’expérience utilisateur, du design des plateformes de réservation : les OTA sont pionnières dans ces domaines. En revanche, le voyage d’affaires est en avance sur le mobile, notamment avec des solutions très avancées sur la gestion des dépenses et des notes de frais en mobilité. Il en est de même pour les applications de gestion des risques qui permettent en outre de localiser et dialoguer avec les collaborateurs en déplacement en cas de crise ou de disruption durant le déplacement, via smartphone. D’une manière générale, ce secteur est très avancé en matière de sécurité. Ce sont évidemment des spécificités métiers, mais elles pourraient à terme inspirer le voyage Loisirs.

Jessica Lopes : Il est évident qu’en ce qui concerne l’hébergement des data, qui devient un vrai sujet dans le BtoC puisque l’on ne sait pas toujours très bien comment sont traitées les données des clients, le Business Travel est bien plus mature. Dans le monde du corporate, toute collaboration fait l’objet d’un contrat et seule l’entreprise du voyageur d’affaires est propriétaire des données et maîtrise les pays dans lesquelles elles transitent. Cette thématique de la data me fait penser à la notion de « big data »  dont l’exploitation est bien plus difficile à mettre en œuvre dans le voyage d’affaires. Les techniques qui consistent à utiliser les préférences d’un groupe d’utilisateurs pour orienter un individuel commencent à peine à émerger et ne font pas l’unanimité.

Aurélie Krau : L’idée avec la norme NDC (New Distribution Capability, ndlr) est justement de permettre aux SBT (Self Booking Tool, ndlr) ou intermédiaires de distribution de rentrer dans cette logique de personnalisation dans le cadre de la distribution aérienne. Aujourd’hui, une compagnie aérienne n’est pas capable d’identifier un voyageur régulier lorsqu’il effectue sa réservation via son SBT. Le développement de cette personnalisation contrôlée va très certainement évoluer dans les prochains mois.

 

Photo d’ouverture: Fotolia – Sunny studio

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