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Les initiatives des musées en matière de numérique

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A l’occasion des 7èmes Rencontres Nationales Culture & Innovation(s) du Clic France, une journée de conférences sur la culture et l’innovation qui s’est déroulée vendredi 15 janvier 2016 et qui a rassemblé 350 professionnels du secteur, deux représentants de musées américains sont venus expliquer leurs initiatives en matière de numérique.

Pour proposer une expérience de visite enrichissante, les musées doivent sans cesse trouver de nouvelles manières de présenter les œuvres d’art ou d’histoire afin de s’adapter aux attentes des visiteurs. Si certaines infrastructures ont pris totalement le virage du numérique récemment, en remplaçant les audioguides par des applications mobiles, en proposant des contenus virtuels ou même en mettant à disposition des expériences avec des casques de réalité virtuelle, elles ne sont que minoritaires. En fonction de leurs contraintes budgétaires et des œuvres exposées, beaucoup de musées tentent tout de même, grâce à des outils de médiation numérique, de moderniser l’expérience vécue.

Réfléchir à une médiation dès le départ

C’est le cas de l’Indianapolis Museum of Art aux Etats-Unis, qui, avec l’arrivée d’un nouveau directeur, a totalement revu la façon de s’adresser aux visiteurs. Si le musée voulait auparavant attirer une population internationale, il s’est ensuite rendu compte que c’est surtout la population locale, de par la localisation excentrée du musée, sur laquelle il fallait se concentrer. L’Indianapolis Museum of Art propose une collection d’art classique, une maison du XXe siècle, ainsi qu’un grand parc de sculptures. Silvia Filippini-Fantoni, Directrice de la Médiation, des Médias et de l’Evaluation du musée, a expliqué durant son intervention que la médiation numérique s’est construite dès le départ, en même temps que l’élaboration des expositions : « Il ne s’agit pas de se demander, après que les œuvres soient installées, quels outils de médiation nous allons pouvoir proposer pour combler l’espace restant ». Toute la visite s’articule donc autour de contenus que les visiteurs peuvent choisir eux-mêmes ou qu’ils peuvent même créer.

Les outils numériques mis en place

Pour proposer une visite plus immersive, le musée américain met à disposition des iPads. 30 à 53% des personnes venant à l’Indianapolis Museum of Art décident d’utiliser une tablette. Des plans interactifs et albums interactifs sur des tables tactiles permettent également de découvrir autrement les œuvres. Récemment, les visiteurs pouvaient également se prendre en photo et rajouter un effet « pointillisme » ou encore créer leur propre signature inspirée d’un artiste. Des outils ludiques, basés sur le numérique, qui ont eu beaucoup de succès selon Silvia Filippini-Fantoni et notamment auprès d’une population à laquelle on ne s’attendait pas : les personnes âgées. Mais pour faire parler du musée, l’équipe de médiation a également mis en œuvre plusieurs interactions liées aux réseaux sociaux, afin d’inciter les visiteurs à partager leur contenu et participer au dynamisme autour des œuvres exposées. Le musée a ainsi proposé un quizz « à la Buzzfeed » ou un concours photo. « Bien sûr, avant de mettre en place tous ces outils, il a fallu faire beaucoup de phases de test avant de savoir si le budget investi dans ces équipements en valait la peine », explique Silvia Filippini-Fantoni. La problématique était également de ne pas proposer seulement du contenu numérique, notamment pour les enfants : « Ce qui est assez drôle, c’est que les parents ne veulent pas emmener leurs enfants au musée pour qu’ils soient à nouveau scotchés devant un iPad. Il faut donc alterner numérique et outils ludiques plus classiques », poursuit la Directrice de la Médiation du musée.

Le Met à la pointe des usages numériques

Après le témoignage de l’Indianapolis Museum of Art, Neal Stimler, conseiller numérique, est venu parler d’un autre musée américain pour lequel il travaille : le Met Museum, situé à New-York. Dans ce musée d’une autre envergure, le numérique est beaucoup plus ancré dans l’ADN. Il y a des années de cela, le musée a lancé The Artist Project, une sorte de Wikipedia sur les artistes, bien avant que Wikipedia ne voit le jour. Le Metropolitain Museum of Art a également lancé le Met Media Lab, un laboratoire d’idées qui étudie l’impact des nouvelles technologies sur les musées.
A travers ces observations, le musée a compris à quel point les réseaux sociaux modifiaient la relation avec ses visiteurs. Le Met a donc décidé d’ouvrir ses données pour favoriser la création de bots sur Twitter, des comptes qui publient automatiquement des photos et textes courts afin de présenter plusieurs œuvres. Le compte @MuseumBot, qui se dit non affilié avec le Met, comptabilise ainsi plus de 4100 abonnés et inspire les internautes qui voudraient venir au musée ou montre à nouveau des œuvres que les visiteurs ont aimé. Rien de révolutionnaire, mais des idées qui contribuent au dynamisme du Met sur la Toile. L’ouverture de ces données profite également aux chercheurs, écoles ou étudiants qui en auraient besoin.

 

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6 Comments

  1. […] . Les Initiatives Des Musées En Matière De Numérique par TOM Travel, 19/01/2016 […]

  2. 19 janvier 2016 at 16 h 32 min — Répondre

    […] A l’occasion des 7èmes Rencontres Nationales Culture & Innovation(s) du Clic France, une journée de conférences sur la culture et l’innovation qui s’est déroulée vendredi 15 janvier 2016 et qui a rassemblé 350 professionnels du secteur, deux représentants de musées américains sont venus expliquer leurs initiatives en matière de numérique.  […]

  3. 19 janvier 2016 at 21 h 19 min — Répondre

    […] Travel On Move  […]

  4. […] . Les Initiatives Des Musées En Matière De Numérique par TOM Travel, 19/01/2016 […]

  5. 24 janvier 2016 at 21 h 09 min — Répondre

    […] Réfléchir à une médiation dès le départSilvia Filippini-Fantoni, Directrice de la Médiation, des Médias et de l’Evaluation du musée, a expliqué durant son intervention que la médiation numérique s’est construite dès le départ, en même temps que l’élaboration des expositions : « Il ne s’agit pas de se demander, après que les œuvres soient installées, quels outils de médiation nous allons pouvoir proposer pour combler l’espace restant ». Toute la visite s’articule donc autour de contenus que les visiteurs peuvent choisir eux-mêmes ou qu’ils peuvent même créer.  […]

  6. […] A lire sur le site Tom Travel. […]

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