Home»DATA»Le Digital chinois inspire les acteurs du Tourisme

Le Digital chinois inspire les acteurs du Tourisme

Du 3 au 7 juin dernier, la 9e édition de net Managers a réuni 50 décideurs du Tourisme venus s’informer sur l’Intelligence digitale. Après l’introduction réalisée par TOM, Renaud Edouard-Baraud, directeur Général de l’Atelier BNP Paribas Asia, a débuté la convention en présentant le panorama de l’écosystème digital chinois.

Quoi de plus logique pour Eventiz que d’organiser un net Managers dans le 1er cyber-Etat au monde ? Avec 500 millions de mobinautes, des sites qui réalisent parfois des chiffres d’affaires de plusieurs milliards de dollars en une journée et une adoption des technologies ultra-rapide, la Chine attire l’attention des entreprises portées sur l’innovation. « Tout le monde veut aller au Japon ou en Corée du Sud pour aller voir l’innovation, mais les gens sont souvent déçus. Si on s’intéresse à l’innovation, il faut aller la voir en Chine même si elle est invisible car essentiellement basée sur le Web et le mobile », explique Renaud Edouard-Baraud, directeur Général de l’Atelier BNP Paribas Asia.

Renaud_Edouard-Baraud_netmanagers2014
Renaud Edouard-Baraud, directeur Général de l’Atelier BNP Paribas Asia, face aux net Managers à Shanghai.

La thématique de cette année, l’Intelligence digitale, s’inscrivait dans la continuité des deux éditions précédentes. En 2012, les net Managers étaient partis à la rencontre des entreprises de la Silicon Valley comme Salesforce, Airbnb, Google, WildfireApp et bien d’autres. Ce fut l’occasion pour eux d’en savoir plus sur la vision des dirigeants américains, l’entreprenariat en Californie, de découvrir des modèles économiques originaux mais aussi de s’informer sur des technologies à fort potentiel tels que le RTB, l’achat d’espaces publicitaires en temps réel. Un an plus tard, ce fut au tour du Big Data et de la Gamification de capter l’attention des net Managers. Parmi les nombreux intervenants, Romain Chaumais, co-fondateur d’Ysance, avait expliqué aux acteurs du Tourisme comment il était possible de capter les interactions digitales afin d’en tirer profit.

En 2014, la donnée, matière première de la prise de décision et le mobile furent à nouveau au cœur de nombreux échanges. Pour débuter les conférences, Eventiz a sollicité la fondatrice et directrice de Concern, Marie-Caroline Bizet, afin d’expliquer les spécificités culturelles et les éléments à connaître quand on souhaite s’implanter dans l’Empire du Milieu. Renaud Edouard-Baraud, directeur général de l’Atelier BNP Paribas Asia, a ensuite pris la parole pour présenter l’éco-système digital chinois et évoquer le succès incroyable des messageries instantanées telles que WeChat.

2, 34 milliards d’euro en quelques heures

« Il faut faire attention aux chiffres », prévient d’entrée de jeu Renaud Edouard-Baraud, car si le taux de pénétration du Web en Chine est l’un des plus bas d’Asie (46%), le pays compte 641 millions d’internautes et 302 millions d’acheteurs en ligne. Pas étonnant que Tmall, une plateforme appartenant au géant Alibaba et sur laquelle les entreprises proposent leurs produits a enregistré le 11 novembre 2013 (le 11/11 est le jour de la « fête des célibataires », une date très favorable aux commerçants) pas moins de 2, 34 milliards d’euro de ventes avant 13h. En Chine, le marché domestique est gigantesque. La ville de Shanghai a beau compter 24 millions d’habitants, les achats sur Internet sont livrés en seulement quelques heures…

net_managers_2014

D’un point de vue technologique, les acteurs du Web chinois sont plutôt en retard par rapport aux entreprises occidentales. En revanche, il est très intéressant d’observer les usages. Il y a plus de smartphones que d’habitants et ces derniers y sont littéralement accrocs. Les QR code, eux, sont présents sur la moindre affiche et bien plus utilisés qu’en France. La Chine ne connaît pas de transition : les taux d’adoption sont extrêmement rapides et les entreprises rattrapent les sociétés occidentales à vitesse grand « V ».

Leçon d’humilité

Les géants occidentaux du e-commerce sont absents en Chine où ils détiennent de faibles parts de marché. Amazon, par exemple, ne pèse que 2,6% dans l’e-commerce chinois. Tmall domine largement le secteur avec 51,1% de parts de marché, suivi de JD.com (17,5%) et de QQ Mall (6%), la plateforme B2B2C lancée par Tencent, une entreprise qui a investi dans les réseaux sociaux, les portails Web, les jeux en ligne… Certaines marquent sont solidement installées, mais « la Chine n’est pas un musée de cire », avertit Renaud Edouard-Baraud. «De nouveaux entrant parviennent à se faire une place en quelques semaines. Qihoo, par exemple, est un nouveau moteur de recherche qui a récupéré 10% du trafic total en 3 semaines ». Pourtant, le moteur de recherche principal, Baidu, pouvait paraître invulnérable avec ses 75% de parts de marché.

La messagerie instantanée, une évidence

En Chine, tout va très vite, notamment à Shanghai. En matière de messageries instantanées par exemple, les Chinois ont tout simplement pris le meilleur de ce qui existait pour créer WeChat. « Il est vrai que les Chinois sont très forts pour prendre en main un outil, le copier et l’adapter à leurs usages. » En 4 ans, WeChat a totalement surpassé WhatsApp et Twitter avec ses 600 millions de membres dont 355 millions actifs chaque mois. Ce succès s’explique en partie parce que les marques sont présentes dans l’application et qu’elles permettent aux utilisateurs d’interagir avec elles via ce canal. « L’une des forces de WeChat est de savoir tout intégrer dans son application, et ce, très rapidement. Même les banques y sont présentes et certaines marques permettent de payer via WeChat, ajoute Renaud Edouard-Baraud. Le QR code est un vrai mode de communication en Asie et il est très fréquent d’en voir sur le comptoir des magasins. Ils servent souvent à accéder un compte WeChat. En somme, l’utilisateur n’a pas à sortir de l’application pour accéder à ce qu’il veut. » En Corée du Sud, la star est la messagerie Kakaotalk. 70% des habitants l’utilisent pour discuter, publier des photos afin d’enrichir leur timeline ou encore recevoir des coupons de réduction quand les marques s’inquiètent des critiques émises!  Ce serait une erreur de penser que ces applications n’ont aucun avenir en Europe. La messagerie Line, par exemple, compte 400 millions de membres après 4 ans d’existence et l’Espagne est au 7e rang des pays utilisateurs. « Tous les groupes chinois se demandent comment se transformer via le mobile et nous les invitons à se lancer directement sur ce terminal. Il nous arrive même de leur dire de le faire sans site compagnon. »

Des géants du Tourisme émergent

Outre les messageries instantanées, ce sont également les OTA chinoises qui peuvent menacer ou inspirer les acteurs du Tourisme occidentaux. « Peu à peu, les Chinois investissent à l’extérieur, notamment au Japon et en Inde », poursuit Renaud Edouard-Baraud. Ils achètent des petits sites e-commerce, même aux Etats-Unis et observent le client étranger pour voir comment il fonctionne.

Les chiffres du Tourisme sont également impressionnants, les perspectives de croissance démentes. Qunar (« Où aller ! » en Français) qui compte 60 millions d’utilisateurs mobiles, permet d’accéder à plus de 1 250 agences de voyage, 125 000 vols et plus de 450 000 hôtels. L’OTA a réalisé 163 millions de dollars en 2013 et 11,3% du chiffre d’affaires étaient issus du mobile au premier trimestre 2014. Du côté de la première OTA chinoise, Ctrip, les réservations d’hôtels sur mobile ont surpassé celles réalisées via ordinateur au premier trimestre pour atteindre 40% du total des transactions en ligne. Un tiers des billets d’avions sont également vendus via le smatphone.

Autre indicateur révélateur de l’appétence pour le mobile : le nombre de téléchargements des applications. Celle de Qunar a été téléchargée 76 millions de fois, suivie par celle de Ctrip (66 milions) et d’eLong (24 millions). Et ce n’est qu’un début…

En 2015, la Chine devrait devenir le 1er marché du e-commerce devant les Etats-Unis. Epoustouflés par les chiffres du marché chinois et la rapidité d’évolution des usages et des services, les patrons du Tourisme en sont tous convaincus : il est nécessaire d’exercer une veille sur l’émergence des nouvelles tendances en Chine car elles pourraient être annonciatrices de ce que nous connaîtrons en Europe.

Photo d’ouverture : © kalafoto _ – Fotolia.com

Previous post

Le Wi-Fi bientôt gratuit et en illimité dans les Aéroports de Paris

Next post

La stratégie digitale de Doublesens, spécialiste du tourisme solidaire

No Comment

  1. […] Du 3 au 7 juin dernier, la 9e édition de net Managers a réuni 50 décideurs du Tourisme venus s’informer sur l’Intelligence digitale.  […]

  2. […] Epoustouflés par les chiffres du marché chinois et la rapidité d'évolution des usages et des services, les patrons du Tourisme en sont tous convaincus : il est nécessaire d'exercer une veille sur l'émergence des nouvelles …  […]

  3. […]   […]

  4. […] Du 3 au 7 juin dernier, la 9e édition de net Managers a réuni 50 décideurs du Tourisme venus s'informer sur l'Intelligence digitale. Après l'introduction réalisée par TOM, Renaud Edouard-Baraud, directeur Général de l'Atelier …  […]

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *