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La voiture de demain est en route, une aubaine pour le Tourisme

Les « Smart technologies » entraînent le secteur de l’Automobile et son environnement dans une profonde mutation. Entre avancées technologiques et questionnement vis-à-vis de l’acceptabilité des systèmes intelligents, des secteurs comme le Tourisme peuvent entrevoir de nombreux bénéfices. De la durabilité, des services et du confort en perspective, mais aussi des interrogations.

Ils sont parmi nous ! Ils nous entourent et s’envoient continuellement des informations. L’omniprésence des OS et des logiciels embarqués (imprimantes, pacemaker, scanner…) nous ferait presque oublier que nous vivons au cœur des systèmes intelligents. D’ici 2020, plus de 50 millions d’objets connectés communiqueront à travers le monde. Ces évolutions technologiques s’appliquent aux véhicules qui deviennent de véritables plateformes pour de nouveaux services. En effet, le « smart » apporte de l’autonomie aux individus, mais aussi aux objets qui communiquent entre eux.

En France, l’Autolib’ attire l’attention de par son succès. Avec plus d’1 million de locations, plus de 60 000 personnes inscrites et 3 500 bornes de recharge disséminée dans la région parisienne, le plus grand réseau de partage autonome au monde a su séduire le grand public et a prouvé que les gens appréciaient les systèmes dits intelligents. Car l’Autolib’ reconnaît son conducteur, lui dit bonjour en l’appelant par son prénom et s’empresse de demander au conducteur s’il veut suivre le trajet habituel… Selon Sylvain Géron, directeur Associé de Polyconseil et responsable du projet Autolib’, «la réussite des Autolib’ est le fruit de trois révolutions : le partage – parce que les jeunes sont prêts à partager leur voiture comme un appartement pour une colocation-, la maîtrise totale de l’électricité et l’acceptation du ‛smart′. »

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Jusqu’à présent, on connaissait surtout le « smart » de nos appareils mobiles, téléphones et tablettes. Nous n’en sommes qu’au début, selon Michel Puech¹, Maître de conférences en philosophie à l’université Paris-Sorbonne. «L’objet connecté doit être personnalisé. Si le smartphone établit un itinéraire, ce doit être aussi en fonction de mon comportement. Plus on ira vers le ‛local′, plus son intérêt sera grand puisque l’on aura entré notre profil : habitudes, préférences, etc.» Et de citer les 10 règles fondamentales pour qu’une technologie « smart » soit opérante et acceptée :

1-      Disponibilité totale des services

2-      Transparence

3-      Facilité

4-      Immédiateté

5-      Autonomie

6-      Personnalisation

7-      Neutralité

8-      Optimisation

9-      Réseau collaboratif et partage

10-   Mobilité

L’automobile, un espace de services et d’apprentissage

L’automobile est l’un de secteurs d’activité les plus proactifs en matière de «smart technologies». Dans l’ombre des constructeurs, une entreprise fait figure de proue dans ce domaine : Wind River. Fondée aux Etats-Unis en 1982 et devenue filiale d’Intel en 2009, elle est à l’origine de plus d’un milliards d’équipements actuellement en service dans de nombreux domaines. Wind River permet aux entreprises de technologie de faire face à l’augmentation des fonctionnalités des appareils pour répondre aux besoins du grand public. Pour le Responsable solutions Automobile, Frédéric Bourcier, l’automobile vit une importante mutation. «Avant, la mobilité consistait à déplacer des biens et des personnes vers des services. Aujourd’hui, on veut faire venir des services dans un espace et les opérer. La voiture deviendrait ainsi un objet faisant partie d’un ensemble de systèmes mobiles.» On observe depuis un moment les changements dans les usages autour des véhicules particuliers. Le souhait d’être propriétaire baisse régulièrement : de nombreuses personnes se tournent vers la location de longue durée. «Maintenant, grâce à la voiture, on va pouvoir apprendre en voyageant», explique-t-il.

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La voiture, un nouveau média pour le Tourisme de proximité ?

Entre les bouchons et les lignes droites interminables propices à l’assoupissement, la conduite peut s’avérer ennuyeuse et peu intéressante. « Demain, explique Ladimir Prince², détaché à l’IEED VeDeCoM, le conducteur pourra récupérer du temps quand il y aura des embouteillages, par exemple, et consulter ses mails, téléphoner en étant plus en sécurité. A terme, il pourra lire et regarder des films.» La voiture deviendra un objet connecté, intelligent. Tel l’OS d’un Smartphone, celui des véhicules permettra de développer des applications dédiées aux conducteurs et aux passagers à l’image de GENEVI, un système unique tournant sous Linux et mis au point par un consortium d’industriels. Il équipera une BMW dont la sortie est prévue  à la fin de l’année.

Il est donc aisé d’imaginer de nouveaux services en provenance des acteurs du Tourisme. Pourquoi ne pas suggérer au conducteur de faire une pause dans ce château magnifique et pourtant méconnu du grand public ? Pourquoi ne pas s’appuyer sur le GPS pour expliquer aux passagers en quoi la forêt traversée est chargée d’histoire ? Comment ne pas imaginer des «push » pour inviter les touristes à découvrir tel points d’intérêt ? Le champ des possibles s’agrandit et il faudra trouver l’équilibre entre l’apport de services et l’abondance d’informations.

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Open & Connected car, le prototype de la voiture connectée d'Altran

Toutes ces évolutions s’appuient sur l’électrification, l’automatisation de la conduite et l’aspect sécuritaire. Des avancées ont été réalisées, mais l’acceptabilité des systèmes intelligents par les feux tricolores et les véhicules intelligents n’est pas encore totale, ce qui repousse pour quelques années la voiture sans chauffeur. Des questions d’ordre juridique se posent également : s’il y a un accident entre une voiture autonome et un véhicule classique, à qui la faute? Sommes-nous prêts, psychologiquement, à lâcher le volant ? «Les systèmes doivent être robustes. S’il y a des soucis, ils seront mal perçus», ajoute Ladimir prince.

«Tout le monde cherche la prise» mais le «smart est une révolution nécessaire»

Parmi les questions centrales se pose aussi celle de l’énergie. «Les smartcars sont en voie d’être opérationnelles. Les psychologies évoluent peu à peu, mais au bout d’un moment, tout le monde cherche la prise», s’amuse Michel Puech. Comme dans les télécom, la question du roaming devra être réglée et les opérateurs d’électricité devront trouver un modèle de facturation. Selon un représentant de Renault, un opérateur serait en train d’arriver avec la volonté de tester un badge rechargeable sur le Web. Le prix dépendrait donc de l’opérateur de la borne… Mais le responsable des solutions Automobiles de Wind River, Frédéric Bourcier, en est sûr, les technologies smart sont bel et bien du Green IT: «ces technologies sont évolutives et non jetables.» Effectivement, les systèmes intelligents ont la capacité de chercher à l’instant « T » la source d’énergie la plus appropriée et la moins chère. «Avant, quand on parlait des véhicules de l’avenir, on disait ‛moins de carburant et plus de matériaux recyclables′. Aujourd’hui, on intègre du ‛smart′ dans un ensemble de système intelligent et on parle de durabilité. Le ‛smart′ est une révolution nécessaire», conclut-il.

Voiture_connectéeQui sera l’orchestre de notre vie ?

En somme, le parallèle entre le véhicule et le téléphone n’est peut-être pas aussi hasardeux qu’il n’y paraît. Les applications embarquées dans les voitures échangeront entre elles et augmenteront l’intelligence des objets nous entourant. La voiture servait à conduire, le mobile à téléphoner. Aujourd’hui, le smartphone permet bien plus et l’automobile de demain aussi.

Mais le «user centric» a aussi des limites, comme le rappelle Michel Puech. «Qui aura la main sur les informations personnelles voyageant d’un système à l’autre, d’une application à l’autre ? Qu’est-ce qui nous garantit qu’elles ne seront pas délivrées à notre employeur ou à notre assureur ?» Technologiquement, on peut faire beaucoup. Mais, psychologiquement, jusqu’où peut-on aller ?

 

 

¹Michel Puech, Maître de conférences en philosophie à l’université Paris-Sorbonne, membre de la Society for Philisophy and Technology, et chercheur associé EROS (Ethique, Technologie, Organisations, Société)

²Ladimir Prince, Détaché à l’IEED VeDeCoM, Institut d’Excellence pour une Energie Décarbonnée Communiquant et sa Mobilité, Responsable des programmes véhicules.

Visuels: © olly – Fotolia.com, © Surrender – Fotolia.com, © chanpipat – Fotolia.com

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